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Test de Tales of Innocence Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Blastermaster   
31-08-2008

Critique

Image Deuxième opus de la série à sortir sur Nintendo DS, Tales of Innocence tente de corriger le tir manqué que fut Tales of the Tempest. Cette fois-ci, le développement a été confié à l’équipe d’Alfa System, notamment responsable de la création de titres tels que Tales of the World : Narikiri Dungeon 2 & 3, ou bien encore la série des Shikigami no Shiro (il s’agit là de shoot’em up). Le fait que ce studio n’ait quasiment que développé des titres orientés action (avec une histoire de moindre importance la plupart du temps) aura-t-il une influence sur ce Tales of Innocence ? C’est ce que nous allons nous efforcer de voir à travers ce test.

Version testée :

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Je ne vais pas m'amuser à répéter ce qui est écrit dans le livret du jeu en ce qui concerne le scénario, d'autant qu'il est plutôt basique. Je préfère d'ailleurs ne pas donner de détails sur l’histoire du jeu pour ne rien spoiler. Sachez simplement que l'on suit le cours de celle-ci sans trop chercher à en connaître les moindres détails, tout simplement car on ne peut en rien découvrir quoi que ce soit en dehors des saynètes qui parsèment le parcours, à cause d’une trop évidente linéarité. On se laisse donc guider par un fil conducteur sans trop pouvoir dévier de la trajectoire qui nous est imposée, pas même pour discuter avec des habitants d’une ville par exemple.

En effet, les personnages non jouables que l’on trouve dans les villes ne servent quasiment à rien, c’est une vraie déception. Les villes sont par ailleurs complètement dépouillées ; elles ont beau être grandes et bien modélisées pour la plupart d’entre elles, elles restent sensiblement identiques pour leur contenu : un magasin d’armes, d’armures et de customisation, un magasin pour les outils et les accessoires, et une guilde. Et c’est tout. Il n’y a aucune maison à visiter ; il y a de rares exceptions, mais les personnages les habitant sont nécessaires au bon déroulement de l’aventure, sinon elles sont toutes scellées, et c’est bien dommage, car cela rappelle fortement Tales of the Tempest, ce qui n’est pas vraiment un point positif.

Oui, on peut dire que l’on s’ennuie pas mal lorsqu’on se promène dans Tales of Innocence. Quasiment aucune quête annexe à noter en dehors de la trame principale, encore un point noir. Heureusement, le charisme de certains protagonistes (Iria, Spada ou bien Hasta entre autres) vient ajouter un peu de piment dans une aventure bien monotone, un plus qui reste le bienvenu. On notera également le nombre impressionnant de skits, des petites saynètes où les personnages discutent entre eux, qui vous permettront d’en découvrir un peu plus sur ces derniers, et les choix de réponse qui vous sont proposés dans certains d’entre eux offrent un petit sentiment de liberté non négligeable, bien que limitée malgré tout.

 

D'un point de vue graphique, on a là de la très belle 3D pour la Nintendo DS, mais on sent que la belle n’a pas encore donné tout ce qu’elle a dans le ventre. Les effets de certaines attaques auraient pu être mieux rendus en combat (Indignation ou bien Tidal Wave, entre autres), et je ne peux m’empêcher de penser ce que cela aurait pu donner si les développeurs avaient opté pour des graphismes en 2D bien léchés.

Les divers endroits à visiter sont agréablement colorés, même si on remarquera une répétition de certains éléments de décor de temps à autre. Le tout reste néanmoins agréable à voir, avec une modélisation des personnages exemplaire, et une gestuelle appréciable (quoiqu’un peu basique par moment). Autre petite ombre au tableau : lors des dialogues, les bouches restent cousues ; un léger effort de ce côté-ci aurait rendu la chose plus estimable. On remarquera quelques bugs d’affichage de temps à autre, notamment sur la carte du monde, qui, soit dit en passant, reste potable visuellement, même si l’on ne constatera rien d’extraordinaire dans sa réalisation. Des ralentissements se font également ressentir en certains endroits spécifiques ou même lors de combats, ce qui peut déranger quelque peu mais n’est pas réellement dramatique. Une autre petite déception : pas de cinématique durant l’aventure (et ce ne sont pas les quelques images fixes apparaissant à certains points du jeu qui vont palier à ce problème), ce qui est bien dommage étant donné que celle de l’introduction était quand même bien sympathique.

Le premier point à noter au niveau sonore dans Tales of Innocence, c’est qu’il inclut des doublages pour les personnages principaux (y compris les antagonistes) lors des scènes de dialogue. Impressionnant pour la Nintendo DS, surtout avec la capacité de stockage limitée des cartouches. Ce qui explique pourquoi le jeu n’est pas doublé à 100%. En effet, seules certaines scènes (et quelques skits) sont doublées, ce qui est dommage, mais il faut avouer que le doublage est de qualité. Bien entendu, les combats sont aussi doublés, et en intégralité s’il vous plaît.

Après, il n’y a pas que le doublage qui compte, les musiques ont également leur part à jouer. Pour cela, le magnifique thème d’intro (bien que raccourci par rapport à la version intégrale) de KOKIA, Follow the Nightingale, ouvre le bal, ce qui ne laisse présager que du bon. Hélas, on déchante assez vite, car les musiques du jeu n’offrent rien de bien particulier à nos oreilles. Les thèmes ne sont pas forcément désagréables, mais on ne notera rien d’inoubliable non plus. Dommage, car on sait que la DS est capable de nous offrir de ravissantes mélodies si l’on veut bien l’exploiter. Là n’était probablement pas le principal intérêt des développeurs. Dommage.

 

Venons-en à présent à la maniabilité. Je traiterai de deux points principaux dans la jouabilité : celle lors des combats et celle hors combat (la navigation dans les menus plus particulièrement).

 

Le Dimension Stride Linear Motion Battle System (ou DS-LMBS, notez la petite abréviation de référence) est plutôt efficace, il faut l’avouer. Les déplacements en 3D offrent liberté et plaisir et on enchaîne les assauts sans trop de problème. Le tout reste néanmoins un peu trop raide malgré la liberté d’action ; rien de bien dramatique, mais il aurait été préférable de peaufiner tout cela. Le changement de personnage (via la touche L) en plein combat représente un point non négligeable si vous ressentez le besoin de changer de technique durant la bataille. On retrouve un petit côté simpliste lors de certains combats, notamment contre des boss. Je m’explique : il est extrêmement simple de placer un combo infini sur n’importe quel ennemi seul, du moment qu’il a suffisamment d’énergie pour résister et que le timing est respecté. En effet, les ennemis n’ont aucun moyen de riposter une fois le combo commencé tant qu’on ne leur laisse pas un moment de répit, et c’est dommage car cela rend le jeu un peu trop facile, même dans les difficultés supérieures.

Et ce n’est pas le système de colère de l’ennemi (caractérisé par des points d’exclamation - jaune pour une colère modérée et rouge pour une colère noire -) qui viendra parer à cette évidence, car l’ennemi met beaucoup trop de temps à s’énerver et cela ne sert pas vraiment à grand-chose à part augmenter les dégâts qu’il inflige (même le fait qu’il ne titube pas lorsqu’il est en colère noire ne change pas grand-chose). De plus, il n’entre en colère que lorsqu’il a un moment de répit, ce qui ne sera pas toujours le cas si vous vous débrouillez bien.

La jauge de tension, visible au-dessus de la barre des PV, se remplit en attaquant l’ennemi et/ou en encaissant des coups en étant en garde. Une fois pleine, le personnage s’éveille et renforce alors considérablement ses statistiques, mais la jauge se vide pendant ce temps. Qu’à cela ne tienne, vous pouvez la maintenir remplie en continuant d’assaillir l’ennemi ou en parant efficacement les assauts de ce dernier, sinon vous pouvez déclencher un Infinity Jam en pressant L et R simultanément : tous les combattants s’unissent alors pour enchaîner des attaques les uns après les autres sur le pauvre ennemi désemparé. Alternativement,  vous pouvez aussi, sous certaines conditions, déclencher un Hi-Ougi, ces techniques secrètes surpuissantes qui en mettent plein la vue (on regrettera par ailleurs que celles-ci ne soient pas plus nombreuses, car chaque personnage n’en possède qu’une seule).

On notera aussi que certaines attaques (en particulier les attaques magiques) manquent cruellement de puissance et d’efficacité, notamment à cause d’une capacité de dégâts maximisée à 9999 pour un même coup. Dommage, car certains sorts comme Big Bang, ou bien Spiral Flare, qui ne font qu’un seul hit, voient ainsi leur puissance sévèrement limitée. Autre chose : il aurait été préférable d’apporter une plus grande diversité dans le style de combat des personnages, car on se retrouve tout de même avec 2 épéistes et 2 tireurs qui, même s’ils n’ont pas vraiment les mêmes attaques, présentent néanmoins une similarité dans leur maniabilité. De plus, on flaire une légère inutilité des attributs élémentaires, qui ne sont là que pour décorer, car en y regardant de plus près, n’importe quel élément fonctionne sur n’importe quel ennemi (avec des fluctuations de dégâts en fonction des résistances et des faiblesses, mais bon).

Malgré tout, le système de combat reste quand même bien jouissif une fois maîtrisé (ce qui peut demander pas mal de temps pour les novices), surtout lorsque le compteur de hits dépasse les 100 coups consécutifs avec une facilité déconcertante; mais on reste quand même un peu sur notre faim finalement. Une petite note sympathique : vos performances lors des combats sont notées par des lettres, entre un E pour un résultat médiocre et un S pour un combat très bien orchestré, et un top 5 de vos meilleurs résultats est visible dans le menu Library.

 

Rien à signaler sur les déplacements et la maniabilité du soft en général, là n’est pas vraiment le principal intérêt. Par contre, on remarquera aisément que les développeurs ont misé sur l’interface des menus, menus qui incluent des éléments apportant pour la plupart d’entre eux un nouveau souffle dans une série où les épisodes se suivent et se ressemblent. Je vais donc traiter principalement des nouveautés.

Le point le plus évident parmi ces nouveautés reste la mise en place de styles, à choisir parmi 6 différents : Advance (pour l’attaque), Wisdom (pour la magie), Guardian (pour la défense), Technical (pour l’agilité), Innocent (pour gérer la jauge de tension) et Versus (le style de mise à l’épreuve ; il vous faudra être patient pour en voir les véritables effets). Notez que les deux derniers styles cités (Innocent et Versus) sont à débloquer durant votre partie en effectuant certaines actions particulières. Lors de son attribution, le style influe sur les statistiques du personnage, puis il doit être monté de niveau (à noter qu’au fur et à mesure que le niveau du style augmente, les fluctuations au niveau des statistiques deviennent de plus en plus importantes) pour pouvoir offrir des capacités particulières (comme PV Max +20%, Défense +5%, Combo +1, et bien d’autres) dont vous pourrez ensuite équiper le protagoniste en question (jusqu’à 5 capacités maximum par personnage). De quoi attribuer n’importe quel rôle à n’importe qui, contrairement aux anciens opus où tout le monde ne pouvait pas forcément être attaquant au corps à corps ou jeteur des sorts à plein temps. Dans Tales of Innocence, il ne tient qu’à vous de décider de qui fait quoi, et même comment.

Et pour le comment j’en arrive à la stratégie : le système a été revu, pour proposer des options plus poussées afin de donner des ordres plus précis. Après avoir sélectionné le type de comportement général (parmi les 7 choix qui vous sont proposés), vous pouvez choisir 5 stratégies définies parmi 5 catégories différentes : l’offensive, la défense, le recouvrement, le support et la dernière catégorie, divers, qui couvre les options qui n’entrent pas dans les autres. Vous pouvez en octroyer 5 par personnage, avec un ordre de priorité de respect des consignes à suivre. Assez original, mais les tactiques étant bien définies, vous vous sentirez peut-être frustré de ne pas pouvoir en attribuer davantage pour que les personnages contrôlés par l’ordinateur réagissent un peu plus au poil. De plus, seules les stratégies basiques sont disponibles au départ ; les tactiques plus poussées seront accessibles au fur et à mesure que vous avancerez dans le jeu, mais il vous faudra dépenser des points de Grade pour les acquérir.

Lors de certains évènements ou pendant les combats, il est possible de renforcer l’amitié entre deux personnages, ce qui donne accès à des skits traitant des relations entre les personnages; un petit bonus bien pensé qui permet de compenser un peu la maigreur scénaristique de la trame principale. Vous pouvez consulter le niveau de relation entre les personnages à l’écran de Statut de ces derniers.

Le système de guilde, qui à priori peut paraître attractif au départ, se révèle malheureusement bien vite insipide et extrêmement répétitif. On vous demande de vous rendre dans le district le plus proche pour y effectuer des missions sans réel intérêt, si ce n’est obtenir des points de guilde et des points de grade, ainsi qu’un peu d’argent. En général, l’objectif consiste à traverser un donjon (généré de manière aléatoire pour offrir un semblant de diversité) afin d’y récupérer un objet, sauver quelqu’un, tester une arme ou une armure, et j’en passe. Somme toute, rien de bien consistant, ce qui est dommageable une fois de plus, car ç’aurait été intéressant d’inclure des quêtes annexes en rapport avec les personnages non jouables, or il n’en est rien.

Il vous est également permis de customiser vos armes dans les boutiques, en leur attribuant jusqu’à 3 effets bonus différents, à condition pour cela d’avoir les matériaux nécessaires. En ce qui concerne les effets particuliers, cela va de l’ajout d’attribut élémentaire à l’augmentation d’expérience acquise, en passant par des renforcements de statistiques ou un octroiement d’effet paralysant (parmi tant d’autres). Intéressant certes, mais en rien absolument nécessaire ; en effet, le jeu reste suffisamment simple pour que vous ne vous sentiez pas obligés de renforcer votre équipement. L’initiative reste cependant louable, car elle vous permet de donner libre cours à votre imagination pour personnaliser l’arme de votre choix comme bon vous semble, et rendre ainsi vos personnages encore plus redoutables.

Pour le reste, rien de bien exceptionnel, vous retrouverez rapidement vos marques si vous avez déjà joué à un Tales of. Les objets caractéristiques de la série sont reconnaissables au coup d’œil, même si pas mal d’entre eux manquent à l’appel. Les sempiternelles recettes de cuisine sont une fois de plus de la partie, plus nombreuses que jamais, avec 100 recettes au total (certains effets attribués par les plats à cuisiner sont cependant assez intéressants, je tiens à le souligner). On regrettera par contre que les personnages ne puissent pas porter davantage d’équipement : une arme, une armure et deux accessoires (les deux derniers étant pour la plupart du temps inutiles), c’est tout de même peu, on aurait sans doute préféré un ou deux ajouts supplémentaires, ou des accessoires offrant de meilleurs avantages.

A tout cela on ajoutera un petit bémol qui a son importance : il s’agit d’un jeu DS, mais il n’exploite aucune fonctionnalité de cette dernière (excepté le mode Wireless, mais on ne peut pas vraiment parler de fonctionnalité pour ça): pas (ou très peu) d’utilisation de l’écran tactile ou du micro par exemple, ce qui est un peu décevant il faut dire. Il aurait été sympathique de retrouver une fonction nécessitant l’usage de l’écran tactile, comme c’était le cas dans Tales of the Tempest, où l’on pouvait cuisiner nos plats de façon originale. Tant pis.

 

Finir le jeu sans faire de détour ne vous prendra qu’une petite trentaine d’heure, ce qui représente une durée de vie moyenne pour un RPG. Le jeu est facilement terminable en moins de 10h par la suite, si vous zappez les scènes et tracez dans le jeu à tout va.

Par contre, pour tout voir et tout trouver dans le jeu, il vous faudra persévérer, et le New Game+ sera de mise si vous comptez obtenir les 120% d’exploration. A propos du New Game+, il est possible de transférer un bon nombre d’éléments pour votre prochaine partie, ce qui est un bon point. Après, pour maximiser l’amitié entre les personnages, dénicher tous les objets, arriver au bout du donjon annexe de 100 étages, récupérer toutes les recettes, maximiser le niveau de guilde, compléter l’inventaire des ennemis à 100%, et j’en passe…je vous souhaite bon courage.

 

Tales of Innocence rectifie le tir sur Nintendo DS après un Tales of the Tempest à jeter aux oubliettes, mais il n’est pas encore parfait. Il s’agit d’un bon RPG et d’un bon Tales of, même si sa linéarité et sa simplicité pourront en décevoir plus d’un. Il n’en reste pas moins l’un des meilleurs RPG à l’heure actuelle sur DS, grâce à une qualité graphique impressionnante et à une jouabilité pour le moins exemplaire, bien qu’imparfaite.

Mention spéciale au DVD bonus Voice Adventure (offert aux personnes ayant réservé le jeu à temps), un excellent divertissement pour ceux d’entre vous qui comprennent le japonais.

  Note Indicative : 15/20

Vidéo


Commentaires (4)Add Comment
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Ecrit par shakurtupac, August 31, 2008
Merci pour cet excellent test smilies/smiley.gif
J'espère qu'il sortira au moins au US
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Ecrit par olivier, August 31, 2008
excellent test en effet
shakurtupac > n'espère pas trop sa à déjà été dit que sa ne sortirais pas des frontières japonaise sorry smilies/wink.gif
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Ecrit par Shadow, September 02, 2008
Namco Bandai a réservé le nom aux USA...

Et comme certains l'ont suggeré ailleurs, cela peut effectivement juste être fait dans l'optique d'empêcher que la license soit reprise par un éditeur tiers. Sinon pour le test, Blastermaster sait ce que j'en pense. smilies/smiley.gif
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Ecrit par Blastermaster, September 03, 2008
Merci bien pour les commentaires. Je ne rédige pas souvent des tests, mais j'essaierai d'en faire parvenir d'autres (en priorité sur des jeux imports) lorsque j'aurai le temps.

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