
La série des
Akumajou Dracula a su se faire une place dans le coeur des joueurs de la Famicom (chez nous, la NES), et ce n'est pas anodin. Qu'est-ce qui plaisait donc tant au public de l'époque ; était-ce l'aspect action-aventure du titre, était-ce pour l'ambiance, ou encore pour la difficulté (oserait-on dire) rébutante de l'expérience ? Difficile à dire, et si on parle à un “vieux fan” en tant que “membre de la nouvelle génération”, il répondra par des termes qui nous semblent quelque peu dépassés aujourd'hui : difficulté parfaite, jeux inoubliables... Avec l'industrie du jeu vidéo telle qu'elle est actuellement, il est bien difficile de se représenter ce que le genre fut il y a plusieurs années, car c'était différent. Etait-ce mieux ?
Castlevania : The Dracula X Chronicles apporte un élément de réponse.
Version testée :
Pour savoir de quoi on parle, il faut déjà bien se figurer que sur l'UMD figurent pas moins de trois jeux différents ! L'objet de cette édition Playstation Portable est un remake de Chi no Rondo (Rondo of Blood), sorti uniquement au Japon. Mais parcourir les différents niveaux de cette aventure permet notamment de débloquer le jeu original (qui possède quelques différences avec son remake) ainsi que l'épisode ayant suivi, Symphony of the Night ! Vous comprenez donc que la durée de vie du tout est conséquente... Non ? Eh bien tant mieux, le test est là pour aider à faire le point sur cette compilation !
Rondo of Blood nous conte l'histoire de Richter Belmont, fier héritier d'un clan combattant Dracula depuis la nuit des temps. Un maléfique personnage du nom de Shaft enlève les jeunes filles du royaume afin de les sacrifier et ainsi permettre le retour du seigneur des ténèbres. Annette, la compagne de Richter est victime des agissements de cet étrange prêtre. Le jeune homme ne peut ignorer la situation, et part en direction du célèbre château, Castlevania, pour régler des comptes.
L'intrigue est simple, et ne révèle dans son déroulement aucune surprise particulière. Il faut bien avoir conscience que le jeu original n'était par ailleurs pas particulièrement scénarisé, à l'époque. Avec le remake, on constate principalement la 3D modélisant les personnages, évoluant dans un univers où l'on se déplace horizontalement ; mais aussi une part de scénarisation plus importante. Ainsi, chaque combat est au minimum précédé d'une petite cinématique, voire d'une séquence de dialogue. Lors de ces dernières on apprécie l'affichage de portraits au design en adéquation avec le sujet (pour changer des précédents jeux Nintendo DS), ainsi que les voix (japonaises ou anglaises au choix). Mais ce n'est pas le plus important ici ; place maintenant à l'action !
Rondo of Blood propose une évolution plus ou moins linéaire, sous forme de stages à parcourir, pour enchaîner avec le suivant. Je dis “plus ou moins” car de nombreux passages secrets vous attendent, permettant de découvrir des voies alternatives (les fameux stages X'). Il faut donc apprendre à évoluer parmi les décors, comportant leur lot d'ennemis et de pièges pervers. La barre de vie et les rares recharges d'énergie vous obligent à réflechir sur la moindre de vos actions, car foncer dans le tas peut vous faire perdre bêtement 1/8 à 1/4 de votre barre de vie en un seul coup ! De plus, même avec son statut de remake, cette nouvelle version n'en est pas moins fidèle à l'originale : Richter est lent, et on serait tenté de dire par moments injouable.
La persévérance est donc la clé pour avancer, mais sachez quand même que tout n'est pas noir: il est tout d'abord possible d'utiliser des armes secondaires en plus du fouet. Celles-ci se trouvent un peu partout en détruisant des torches, et ont des propriétés différentes les unes des autres ; leur usage consomme votre réserve de coeurs (indépendante de la santé du héros), qu'il faut également collectionner pour éviter d'être à court. Chaque partie débute avec un total de quatre vies, permettant de réitérer une tentative. De plus, il y a régulièrement des checkpoints, qui autorisent à recommencer à partir d'une certaine zone, et non toujours au début du stage. Enfin, deux personnages seront jouables (à condition de mériter le deuxième !), ainsi chacun devrait trouver une correspondance à son style de jeu. En outre, si les donjons sont difficiles, ils n'en demeurent pas moins relativement courts, et avec un petit peu d'effort, on finira par surmonter l'adversité la tête haute.
Chaque zone ou presque (au sein même d'un stage donc) possède une musique différente, et de ce côté le jeu restera dans les mémoires. Je citerai pour exemple Divine Bloodlines, ou Bloody Tears, des thèmes particulièrement marquants, qu'ils soient remixés (dans le remake) ou non. La diversité est également de mise pour les décors, avec des lieux qui, bien que classiques, ne débordent pas moins de détails, les rendant très agréables à parcourir. Enfin, chaque partie du château possède son lot de secrets, et il faut par conséquent fouiller les moindres recoins pour trouver ceux-ci. Même si l'absence de compteur de temps rend l'évaluation de la durée de vie difficile, il est certain que vous passerez quelques heures pour terminer le jeu (il existe une mauvaise et une bonne fin), et quelques autres encore afin d'en trouver tous les secrets. D'autant qu'en dehors de la dizaine de boss à vaincre (pour les affronter de nouveau en chaîne dans le Boss Rush !) et des musiques à récupérer tout au long du jeu, vous avez la possibilité de jouer à la version originale, mais surtout à l'épisode suivant !
Si Rondo of Blood marque la fin d'une époque, c'est bien parce que Symphony of the Night, sa suite directe, remet en cause la plupart des fondements de la série. Plus de stages à la progression linéaire, terminée la barre de vie immuable : désormais l'exploration du château est “libre”, et vaincre les adversaires rapporte de l'expérience, qui permet de monter en niveau. Pour ceux qui auront lu mon test de Dawn of Sorrow cela peut paraître évident, dans la mesure où Symphony of the Night est le premier épisode à présenter ce système, dont la plupart le reste de la série s'inspirera par la suite.
L'histoire prend la suite de Rondo of Blood, et se situe quatre ans après les évènements relatés dans cet épisode. Richter Belmont a disparu de la circulation et Maria Renard, une jeune fille secourue par le jeune homme, décide de partir à sa recherche quand elle voit le château du seigneur Dracula émerger... Mais Symphony of the Night n'est pas l'histoire de la demoiselle ; il s'agit en vérité du combat d'Alucard, fils de Dracula ayant assisté les Belmont par le passé. Le retour de Castlevania sort le jeune lord du sommeil dans lequel il s'était plongé afin d'empêcher son père de causer davantage de souffrances à l'humanité. Il est temps de s'occuper du seigneur des ténèbres une bonne fois pour toute.
Ce n'est pas parce que la formule a changé en terme de gameplay qu'il en va de même pour la scénarisation. Même si le jeu dispose de cut-scènes doublées de temps à autre (sans qu'il s'agisse d'un remake cette fois), le développement reste encore assez succint. Cependant Alucard reste un personnage fascinant de par un charisme certain, ainsi qu'une âme tourmentée entre l'envie d'aider les hommes, et son passé douloureux. Un scénario plus sérieux que sur Nintendo DS jusqu'à présent, en somme (je ne parle par d'Order of Ecclesia, sorti après la compilation sur Playstation Portable).
L'exploration du château est donc laissée au bon vouloir d'Alucard, qui ne sera tout au plus que ralenti par quelques passages nécessitant une technique spéciale pour continuer. On sent en effet une certaine inspiration des développeurs, tant le jeu fait penser à un Métroïd dans son déroulement. Tout au long du voyage entreprit par Alucard, il sera possible d'apprendre de nouvelles compétences, décuplant les possibilités du personnage. Il est ainsi possible de prendre différentes formes (chauve-souris, loup...), d'apprend le double-saut, ou encore d'invoquer des créatures qui lutteront à vos côtés. L'équipement porté influe également sur la façon de jouer, selon les caractéristiques de l'arme par exemple (il est également possible de s'armer d'un bouclier). De plus on note en cours de jeu un évènement important, qui obligera à s'aventurer plus encore dans le sombre château. Niveau durée de vie le jeu s'avère donc convenable, avec une petite vingtaine d'heures pour compléter entièrement la carte et terminer le jeu (différentes fins sont possibles, encore une fois).
Le jeu possède néanmoins quelques “défauts”, ou du moins des points qui entachent l'expérience de jeu. Tout d'abord, les musiques sont à mon sens moins poingnantes que dans Rondo of Blood, même si le niveau demeure très appréciable pour le genre. D'ailleurs, on se demande bien pourquoi le fond sonore s'interrompt à l'ouverture du menu... Je regrette également l'intérêt plus que douteux de certains protagonistes au sein de l'histoire (je pense notamment à Death). Mais plus que tout, ce qui choque c'est la difficulté. Que vous ayez eu ou non des problèmes dans Dawn of Sorrow, ou même dans Portrait of Ruin, ici aucune surprise ne vous attend ! Les boss enlèvent très peu de points de vie, et n'en possèdent par ailleurs presque pas ; la stratégie pour les vaincre restant souvent très simple à appliquer. Probablement l'épisode le plus facile de la série à ce jour (tous supports confondus), Symphony of the Night surprend beaucoup de ce côté. On peut se dire que c'est le fait de succéder à Rondo of Blood qui donne ce sentiment, mais plus que tout, c'est bien le sérieux de l'intrigue, avec lequel la difficulté crée un réel paradoxe, qui provoque cette déception.
Malgré tout le jeu dispose d'un bestiaire extrêmement riche (lui aussi trop souvent exploité par les séquelles), et le gameplay demeure vraiment accrocheur, grâce à l'efficacité de l'exploration et la variété des situations. Une fois terminé le jeu peut recommencer avec des personnages alternatifs, et si vous voulez encore continuer l'aventure sur votre écran 16 : 9, l'original Rondo of Blood est là pour vous dévoiler tous ses charmes...
Conclusion :
Konami n'a pas fait les choses à moitié pour cette compilation sur Playstation Portable. S'il était encore nécessaire de présenter les qualités des opus dont il est question, je vous dirais qu'ils sont longs, variés, et qu'ils n'ont pas vieilli (Rondo of Blood trichant un peu, par rapport à sa suite). Les aventures de Richter restent mémorables (vous serez bien forcé de vous en souvenir, à force de refaire les stages !), et l'idée d'y associer la destinée d'Alucard est excellente, et permet d'avoir une vision d'ensemble. Castlevania : The Dracula X Chronicles est une oeuvre rendant un hommage à la série, mais aussi et surtout, au jeu vidéo en général. En celà, il nécessite un peu de patience pour être maîtrisé, mais la difficulté autrefois caractéristique (et oubliée) de ce domaine le rend véritablement digne de votre attention.
+ Trois jeux en un
+ Une ambiance unique
+ Plusieurs personnages jouables
+ Des pistes mémorables (Chi no Rondo)
+ Nombres de secrets à découvrir
+ Difficulté de Chi no Rondo
+ Excellente replay value
- Difficulté de CnR (parfois rébutante)
- Ost de SotN un cran en dessous de CnR
- Difficulté de SotN (inexistante)
Note Indicative : 18/20
mais symphony of the night est tellement super,j'ai du le finir 30 fois
quoi qu'il en soit,merci pour ce test^^