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Test de Luminous Arc 2 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Shadow   
06-03-2009

Critique

Au cours de l'année dernière Marvelous a édité au Japon Luminous Arc 2 : Will, la suite spirituelle du premier Luminous Arc. Atlus USA a rapidement suivi, et offre aux joueurs Nord-Américains le soft, tronqué de son sous-titre mais fourni entre autre avec une petite ost, et un artbook pour les pré-commandes (Luminous Art). Une localisation en six mois (comme pour le premier épisode), ce n'est quand même pas annodin ; en effet la fanbase du premier titre s'est assez facilement constituée : les novices de Tactical y ont vu l'occasion rêvée de se lancer dans le genre -le jeu étant particulièrement abordable-, tandis que le design très kawaï des personnages -particulièrement du côté de la gente féminine- en a probablement attiré bien d'autres. Si en tant que tel, Luminous Arc ne s'avérait pas être une référence -et ce, en dépit du manque de jeux du genre sur la console-, cette suite pourrait bien changer la donne.

Version testée :

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En tous les cas le début n'est pas flatteur : passée la superbe introduction en animé (avec chanson originale), on doit supporter une quantité de dialogues importante. Ceux-ci situant vaguement le contexte on ne les comprend qu'en partie, ce qui les rend encore moins intéressants.

Le royaume de Carnava est en guerre contre la Shadow Frost Witch Fatima (Sorcière de l'Ombre Glaciale), et la Reine reçoit un émissaire de l'Association de Magie, envoyée par Dia. Prénommée Althea, la jeune fille demande à la Reine d'unir ses forces à celle des autres sorcières afin de forcer Fatima à se soumettre.
Parallèlement, on assiste à l'entraînement de trois chevaliers : deux frères (Rashe et Roland) ainsi que leur amie Rina. Steven, le père des garçons, supervise personnellement la progression de ces jeunes gens. Ces derniers seront sollicités par la Reine Sophia, afin de transmettre une réponse à la sorcière Dia.

Le jeu alterne de manière traditionnelle phases de dialogue et de combat. On note même des passages ou des répliques, carrément repris de Luminous Arc ! Assez facheux pour les développeurs, ce manque d'imagination au deuxième jeu de la série...
Cependant, l'évolution est là. L'histoire dure davantage, ce qui laisse davantage de place à son élaboration. Les Intermissions, durant lesquelles il est possible de converser avec un personnage ayant participé au combat, en sont un parfait exemple. Plus longues, elles proposent un échange en rapport avec l'évènement récent, et ne se résument pas à “encourager un compagnon timide” et vont chercher un peu plus loin. Enfin les scènes comportent toujours beaucoup d'humour. Les personnages sont plus cohérents qu'avant, et même si l'on verse encore dans le cliché, l'impression de personnages à deux dimensions est moins présente que dans Luminous Arc.

Enfin il est à noter que le jeu offre, une fois n'est pas coutume, la possibilité de choisir deux fins alternatives ; sans être fondamentalement différentes, elles ont au moins le mérite d'exister, et cela jouera certainement dans la replay value du titre aux yeux des fans.

On terminera sur l'orientation artistique du titre forcément rattachée au scénario, avec l'apparition systématique d'artworks lors d'échanges verbaux. Le design de Shibano s'est sensiblement amélioré depuis le premier épisode, notamment au niveau des détails sur le visage, plus nombreux. On sent une certaine recherche dans l'élaboration des personnages, et on prend plus de plaisir à les observer. Le réalisme des expressions faciales a été accru (plus de “retour de jolie tête – content” comme dans Luminous Arc lorsqu'un personnage arrête de parler), et l'enregistrement des doublages s'est amélioré (c'était un peu chaotique dans le premier jeu). En revanche, il s'avère toujours n'être que partiel : une série d'évènements avant le changement d'écran (pour un combat ou déplacement sur la carte) ne sera pas entièrement doublée, seulement quelques scènes, de façon ponctuelle. De même, les puristes pourront regretter l'absence des voix japonaises.

Avant de parler des affrontements il faut s'attarder sur la préparation, indispensable au bon déroulement des opérations. Le jeu étant découpé en chapitres, vous avez régulièrement le choix entre : faire avancer l'intrigue principale en vous rendant à une certaine destination, ou bien aller voir à la guilde si de nouvelles requêtes ont été déposées. Utile pour entraîner son équipe ou encore gagner divers objets et un peu de monnaie ; celle-ci n'est en effet pas donnée en grande quantité, et se procurer les derniers équipements pour plusieurs personnages nécessitera de passer par la partie optionnelle du titre. Outre les diverses armes et protections il est possible d'équiper trois Lapis, des petites gemmes aux effets variés (bonus de statistiques, résistance à un élément...), ainsi que deux objets (restaurant des Points de Vie / Magie, infligeant des dégâts...). Ceci ne pouvant être changé une fois le combat engagé, il est nécessaire de le prévoir auparavant.

Une fois le conflit inévitable, il faut choisir les participants (six membres en général), puis les répartir sur les cases souhaitées (on a rarement un très grand choix à ce sujet cependant). On étudie éventuellement la carte au préalable (via l'écran du haut, pendant qu'on se déplace sur l'écran tactile) : statistiques des ennemis telles que les Points de Vie / Magie, l'Attaque (force physique), la Défense (résistance physique), la Technique (précision des attaques), la Magie, la Résistance (endurance face aux sorts), et la Vitesse (qui détermine la fréquence de la prise d'action).
Il est un peu dommage de constater que les paramètres à considérer s'arrêtent là : une créature du feu pourra très bien subir une “pyro-attaque” comme n'importe quelle autre, si sa Résistance est faible (alors que dans beaucoup d'autres jeux, le coup serait affaibli, annulé, absorbé...). Il n'y a pas beaucoup de subtilités de ce côté-là ; de même pour les altérations d'états, qui ne sont que très peu un problème lors des batailles liées au scénario.

Une fois tout cela regardé avec attention, la bataille peut commencer. Le jeu se base, comme vu précédemment, sur la vitesse de chaque unité présente pour déterminer l'ordre d'action : ce n'est donc pas un tour par tour à la Fire Emblem. On peut cependant s'informer du déroulement des opérations, grâce à l'affichage des prochains attaquants.
Lorsque l'unité dont c'est le tour est sélectionnée, sa zone de mouvement s'affiche (elle peut être entravée par une hauteur infranchissable). Que l'on effectue un déplacement ou non, on peut choisir une action, ce qui va de la simple attaque à l'utilisation de comprétences spéciales (Artes) ou encore d'un objet. Vous engrangez ainsi des Drive Points, qui vous permettent de relâcher un Fast Drive -une compétence particulièrement dévastatrice- sur l'adversaire. Une fois l'action terminée, vous avez l'éventuelle possibilité de vous déplacer (si ce n'est déjà fait), ou tout simplement de sélectionner l'orientation du personnage. Ceci est important car attaqué par derrière ou sur le côté, vous subirez plus de dégâts (et la précision du coup porté est également meilleure) ; de même, si vous vous trouvez à un plus bas niveau que l'ennemi sur le terrain, les dégâts seront amplifiés et vice versa.

La maniabilité s'est améliorée depuis l'épisode précédent : les contrôles sont plus précis, l'action s'est fluidifiée. Enfin, il est possible de jouer exclusivement au stylet ou avec les boutons, ou encore d'associer les deux ! Clairement un point qui faisait défaut à Luminous Arc (la façon de jouer ne pouvait se modifier qu'hors-combat), alors que tout le monde trouvera son bonheur dans Luminous Arc 2.

En ce qui concerne les compétences (Artes comme Fast Drives), celles-ci sont apprises au fil des niveaux, et dans certains cas seulement à un moment-clé du scénario : ceci leur donne une certaine “valeur symbolique”. Autrement, pour les joueurs qui n'auraient pas fait Luminous Arc, je précise que l'on a à sa disposition plusieurs classes, dont un certain nombre de Witches, toutes affilées à un élément particulier, sur lequel elles basent les compétences qu'elles apprennent. Ainsi, une sera plus orientée vers les sorts offensifs, quand d'autres utiliseront du soutien ou des pouvoirs de restauration.

Les graphismes se sont un peu affinés depuis le premier épisode, et les animations des divers Artes, bien que simples, sont agréables à regarder. Les artworks lors des Fast Drives sont en particulier d'une qualité remarquable.
Quant aux musiques elles savent dynamiser comme il se doit les affrontements, étant tantôt très “speed” (les derniers combats, contre un certain ennemi, en deviennent presque frénétiques !), tantôt plus calmes. En tout cas cela s'adapte toujours à la situation, d'où l'excellent rythme du jeu.

Si les combats ressemblent, à la description et à la vue des screenshots, à ceux de Luminous Arc il ne faut pas s'y tromper : la difficulté y est bien mieux dosée. Pour exemple, on pourra citer la montée en niveau ; catastrophique dans le premier épisode, arrivant jusqu'à trois ou quatre fois par bataille (pour plusieurs personnages !), elle s'est vue ré-ajustée. Premièrement, elle ne restaure plus la santé (Points de Vie / Magie). Deuxièmement, le gros de l'expérience est attribué à qui térasse sa cible ; autrement, le bonus d'expérience est beaucoup moins important.
Des renforts ennemis peuvent également apparaître de temps à autre ; ceux-ci sont donc plus organisés. Par ailleurs les premières heures ne nous donnent pas accès à de puissants sorts de zone, donc il faut apprendre à y aller petit à petit, plutôt que de foncer tête baissée.
Les objets s'avèrent indispensables, et à plus forte raison lorsque que deux batailles s'enchaînent : cela arrive parfois et comme je l'ai déjà indiqué, vous ne pouvez pas changer votre équipement avant la fin des hostilités...

Tout ceci limite grandement la démesure de Luminous Arc, et rend les affrontements beaucoup plus stratégiques, sans qu'ils en soient frustrants : il est possible à tout moment de faire une sauvegarde de la bataille, celle-ci ne s'effaçant que si vous décidez de re-sauvegarder sur le fichier (sinon elle peut être re-chargée).

Véritable nouveauté du gameplay de cet épisode : le système d'Engagement. Ce terme anglais fait ici référence à un serment de loyauté prononcé par une Witch envers Roland. Celui-ci peut alors obtenir des pouvoirs temporaires une fois par combat, selon les sorcières présentes : une statistique augmente (exemple : la force physique si vous choisissez Althea), et il est temporairement possible d'utiliser des sorts élémentaires ! Cette possibilité est conférée au jeune homme par l'intermédiaire d'une Rune qui le “choisit” en début de partie, lui attribuant une aptitude à l'utilisation de sortilèges de tous les types de magies existantes !

Pour terminer, sachez que le scénario représente seulement une partie du rating présent dans le menu lorsque que vous explorez le monde. Ainsi, les missions que vous pouvez accepter de remplir à la guilde permettent de prolonger l'expérience : les plus curieux trouveront même des caméos du premier Luminous Arc au cours de leurs pérégrinations ! Une bonne idée, qui plaira sans aucun doute aux fans de la première heure.
Enfin en terminant une fois l'aventure, il est possible de recommencer du même fichier en New Game Plus, afin d'explorer toutes les possibilités ; pour les autres, nombre de bonus sont consultables : galerie d'images, de musiques...

Conclusion :
Luminous Arc 2 frappe où on ne l'attend pas. Les développeurs auraient très bien se baser entièrement sur les acquis de son aîné, en effectuant tout au plus une mise à jour graphique. Si les premières impressions semblent confirmer cette hypthèse (histoire de base et des répliques similaires, personnages stéréotypés, gameplay peu changé...), on s'aperçoit rapidement qu'on a tort. Comme déclaré dans une interview, Luminous Arc a servi à “constituer une fanbase solide pour la série”, et Luminous Arc 2 a été pensé de façon à contenter plus que les simples novices de Tacticals. En effet les ennemis s'organisent, sont plus puissants ; il y en a même de réellement charismatiques, notamment du fait qu'on en ré-affronte certains, apprenant ainsi à mieux les connaître ! Les joutes n'en deviennent que plus prenantes, pour les fans / néophytes du genre comme pour les connaisseurs. La rejouabilité est également assurée par le grand nombre de styles de jeu différents (du fait des nombreux personnages jouables au total, dont seulement six sont autorisés par combat), ainsi qu'avec les Intermissions. On peut saluer le tour de force d'imageepooch, qui a réussi à fournir un indispensable du Tactical sur la portable de Nintendo, en deux épisodes seulement.

+ 2D soignée
+ Difficulté revue
+ Des contrôles précis
+ Profondeur de jeu accrue
+ Character design appliqué
+ Durée de vie et rejouabilité
+ Quelques musiques surprenantes

- Le “spectre” du premier épisode parfois oppressant
- Psychologie inégale selon le personnage
- On attend vivement une suite !

Note Indicative : 16/20

Vidéo

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