
Capcom est une entreprise qui a su petit à petit se forger une belle notoriété dans le monde du jeu vidéo grâce à certaines de ses séries phares : Street Fighter, Megaman, Ghosts n' Goblins ou encore Resident Evil faisant ainsi partie d'une longue liste de licences ne manquant pas de raviver d'agréables souvenirs impérissables dans les mémoires de nombreux joueurs, des simples débutants aux plus aguerris. L'une des forces de Capcom est sans nul doute sa capacité à occuper de nombreux fronts, à sortir des sentiers battus, et à développer des jeux aux styles variés sans se cantoner à un domaine bien précis. De ce fait, l'éditeur ne jouit pas d'une réputation dans le monde du RPG aussi légitime que peut l'être un monstre du genre aussi prolifique que Square-Enix, mais a quand même apporté sa pierre à l'édifice grâce à la série Breath of Fire.
Version testée :
L'épisode nous intéressant plus particulièrement est le troisième, juste milieu des 5 oeuvres que compte la saga, puisqu'il est sorti sur PSP et est disponible en Europe depuis le 3 mars 2006. Attention néanmoins puisqu'il ne s'agit que d'un portage, la première version de Breath of Fire III étant sortie sur la Playstation première du nom en 1998, également en Europe... Cela ne nous rajeunit pas, n'est-ce pas ?
L'art du portage est très délicat et nécessite une très grande attention de la part des éditeurs pour ne pas tomber dans les pièges qu'ils représente. Un jeu qui était au top plus d'une décennie plus tôt saura-t-il séduire maintenant que les attentes des joueurs ont tant changées ? Avouons-le, ce genre d'attention est plaisant pour les joueurs de longue date ou amateurs d'old school, mais ceux-ci ne représentent qu'une minorité. Comment donc faire en sorte de remettre un tant soit peu un jeu dans l'ère du temps ? Une question épineuse à laquelle Capcom a plus ou moins bien réussi à répondre avec le portage de Breath of Fire III.
En effet, Capcom a su d'une part agrémenter son titre d'un mini-jeu assez sympa non négligeable, le Fishing. Comme son nom l'indique, ce mode multijoueur partageable (gestion du Game Sharing) vous permettra de vous confronter à un ami dans des parties de pêche endiablées avec à la clef certains de ces artworks toujours très appréciés par les joueurs.
Cependant, même si cet ajout est vraiment le bienvenue, on ne pourra s'empêcher de s'écrier lorsque l'on constatera que le jeu est en anglais. Bien entendu nous avons l'habitude des portages PSP non traduits, mais il est important de préciser que la version originale de Breath of Fire III avait été traduite en Français ! Pourquoi nous pénaliser alors qu'il aurait été possible de reprendre les textes Français de la version originale ? Un choix bien particulier de Capcom...
Toutefois, le niveau d'anglais requis est facilement accessible pour qui pratique la langue depuis quelques années ; d'autant plus que la traduction Française de l'époque était de piètre qualité au point de bloquer de nombreux joueurs à cause d'une énorme erreur de traduction à un moment donné. Pour vous donner une idée, le joueur se retrouvait dans une sorte de labyrinthe et devait suivre un trajet bien précis ; or, la traduction indiquait de se rendre à gauche à partir d'un moment, alors qu'il s'agissait en réalité d'à droite...
Pour conclure, nous nous retrouvons avec les ajouts habituels caractérisant les portages de nos jours et la perte du texte Français, un atout qui aurait pu certainement grandement jouer en la faveur du jeu. Une initiative néanmoins compréhensible et courageuse de Capcom qui a peut-être eu vent de la confusion qui régnait dans la traduction Française de la version originale et qui forçait de nombreux joueurs à abandonner l'aventure. Mais il ne fait nul doute que de nombreuses personnes se laisseront rebuter par l'anglais et passeront à côté de Breath of Fire III.
Et c'est bien dommage pour eux, car ils vont passer à côté d'une bien belle aventure...
Tout commence lorsque des mineurs trouvent un dragonnet prisonnier d'un minerai au fond d'une mine. En tentant de l'y extraire ils le réveilleront de son sommeil, le mettant dans une rage noire telle qu'il brulera litéralement tout sur son passage alors qu'il essaiera de sortir de cet endroit. Cependant il n'y parviendra jamais, puisqu'il sera vaincu par les mineurs les plus valeureux qui l'achemineront ensuite à la capitale pour l'informer de cette découverte. Mais sur le trajet la cage du dragonnet tombera d'une falaise et, par miracle, il en sortira indemne et libre... sous forme humaine ! Alléchés par cette proie facile des loups voudront faire de lui leur repas, mais c'est sans compter sur l'intervention de Rei, un homme-tigre (voleur de son état) qui viendra sauver le garçon avant de décider de le prendre sous son aile.
Vous voilà donc, vous, Ryu, intégrant le duo de voleurs local composé de votre sauveur et de Teepo, un autre adolescent receuilli par Rei, afin de réaliser les 400 coups en leur compagnie... Jusqu'au casse de trop chez le seigneur avide d'argent du coin qui, fou de rage, engagera deux mercenaires pour mettre votre repaire à sac avant de vous laisser pour morts suite à une bataille deséquilibrée. Sauf qu'il en faut plus pour tuer Ryu qui, malgré son physique d'adolescent, cache la force d'un dragon au fond de lui.
Le voilà maintenant seul à arpenter le monde à la recherche de ses deux seuls amis, ses frères d'arme, dont il est le seul à penser qu'ils ont survécu...
Voici le fil directeur qui s'avèrera occuper une bonne moitié du jeu ; une moitié bon enfant qui se développe vraiment à un rythme agréable. Il évolue en effet petit à petit, s'ornant de plus en plus de points d'interrogations, de mystères, pour au final aboutir à un immense puzzle dont la plupart des pièces ne trouveront réponse qu'à la toute fin du jeu. Un déroulement inhabituel bien loin de nombreux scénarios de jeux où l'intrigue est connue dès le début et reste le leitmotiv jusqu'au bout.
Ici la quête de Ryu prendra de plus en plus d'ampleur au fil des évènements. Il commencera par essayer de retrouver ses amis, ce à quoi s'ajoutera un besoin d'en découvrir d'avantage sur ses origines, des intrigues beaucoup plus profondes : pourquoi Ryu est-il le seul représentant de sa race ? Les guerres du passé étaient-elles justifiées ? Pourquoi le monde est-il comme il est, si limité, et qui tire les ficelles ?
Autant de questions mises en avant durant toute l'aventure de notre héros et sa clique, qui se composera de deux phases essentielles. D'une part, la première moitié du jeu se déroule durant l'adolescence de Ryu et sera, comme un clin d'oeil au caractère du personnage, naïve, fraîche, gentillette. Puis les problèmes arriveront, l'intrigue prendra de la maturité, du sérieux alors que l'on prendra le contrôle d'un Ryu adulte, bien décidé à trouver des éclaircissements à ses questions. Deux parties bien équilibrées et c'est tant mieux car les deux sont prenantes et importantes, chacune apportant son lot de révélations.
Bien entendu, Ryu ne sera pas seul dans sa quête et sera épaulé par des personnages fidèles d'horizons et de motivations différents, qui ont le point commun d'être tous charismatiques. Rei et Teepo tout d'abord, avec qui on se liera facilement d'amitié, sont vraiment adorables et marrants dans leur rôle de bandits tentant de jouer les “Robins des Bois” à leur manière, même s'ils cachent chacun un passé et un futur très mystérieux. Garr, véritable colosse, un ancien Gardien qui a combattu les dragons durant la guerre du passé qui ne saura qui suivre entre son Dieu et sa nouvelle amitié pour Ryu. Il y a aussi Nina jeune princesse choyée par ses parents mais qui rêve de quitter cette cage dorée, ou Momo une scientifique maniaque décidée à percer tous les secrets qu'est prêt à lui révéler le monde. Sans compter les nombreux PNJs qui croiseront votre route et qui vous prêteront main forte à un moment ou à un autre du jeu. Autant de personnes dont la vie changera litéralement après la rencontre avec notre héros.
Mais le personnage le plus intéressant du jeu reste bien Ryu, qui est loin de se douter qu'il porte le poids du monde sur ses épaules presque malgré lui. Il est intéressant d'ajouter que celui-ci ne parle pas et que c'est à vous de guider ses choix comme dans un Zelda. Un choix toujours judicieux qui fait mouche ici, permettant d'entrer véritablement en phase avec ce héros récurrent des Breath of Fire.
Le scénario du III peut paraître simple au premier abord, mais il sait parfaitement rebondir pour entraîner le joueur toujours plus loin. C'est réellement son rythme, unique, cette capacité à toujours aller plus loin tout en laissant en suspend les précédentes intérrogations, qui donne envie d'en apprendre toujours plus, de ne pas éteindre la console malgré les heures qui défilent.
L'exploration du monde et de l'environnement externe se réalise dans une vue de biais qui n'est pas très pratique pour découvrir le relief du terrain à venir ou d'éventuels coffres cachés dans des coins. Si ce genre de vue est agréable pour les combats, ça peut devenir réellement énervant lors de l'exploration pure des cartes. Les combats se réalisent à la Chrono Trigger, c'est à dire qu'ils se déroulent sur la carte même, sans transition, à la différence qu'ils sont tous aléatoires et donc non visibles sur les cartes. Un système efficace permettant au jeu d'éviter les coupures occasionnées lors des entames de combats des RPGs classiques.
Au niveau des combats, le jeu peut se vanter de présenter une mécanique bien huilée : un tour par tour traditionnel où vous devez choisir les actions des personnages composant votre équipe avant que, l'initiative jouant, chacun intervienne en réalisant l'action dictée.
Il existe 5 actions principales :
- Les attaques physiques
- La défense
- L'utilisation des objets de votre inventaire
- Les capacités propres aux personnages de votre équipe
- L'examination
Vous constaterez que nous avons affaire à un système somme toute classique mais qui recèle quelques subtilités. D'une part l'examination permet d'observer un ennemi afin d'essayer d'apprendre une capacité qu'il tenterait d'utiliser, comme les Mages Bleus dans les Final Fantasy. Certaines compétences sont vraiment intéressantes, d'autres moins, et réussir à toutes les obtenir est difficile car certaines ne sont utilisées que pas des boss bien précis dans des conditions particulières. Heureusement les plus courageux d'entre vous qui voudraient se lancer dans cette quête pourront utiliser le mode New Game +, réellement bienvenue tant il est facile de rater des choses récoltables uniquement à des moments bien précis dans Breath of Fire III.
Enfin, les capacités sont diverses et variées : sorts offensifs, de soutien, techniques... Et elles peuvent s'apprendre de diverses manières : en gagnant de l'expérience, en observant les adversaires, ou en les apprenant grâce à des maîtres. Ceux-ci sont trouvables aux quatre coins du monde et, sous certaines conditions, prendront des personnages de votre équipe en apprentissage ; cela permettra de priviligier certaines de leurs statistiques lors des montées de niveaux (un maître mage permettra d'augmenter l'intelligence par exemple) ainsi que d'apprendre certains de leurs sorts.
Le dernier type de compétence est la transformation de Ryu. Passé le moment où il aura pris conscience de son pouvoir, il pourra devenir un dragon. Pour cela vous devrez réaliser des combinaisons de trois gènes de dragon qui conditionneront l'aspect final de la transformation. Il existe de nombreuses combinaisons, certaines très belles et puissantes, et les découvrir est un véritable plaisir. Bien entendu, il vous faudra retourner le monde pour trouver cette quinzaine de fameux artefacts disséminés un peu partout ; une recherche intéressante qui vous demandera beaucoup de patience.
Un système de combat paraissant simple de prime abord (comme le scénario), mais qui dévoile rapidement tout son potentiel. Trois points noirs viennent cependant entacher le déroulement des joutes.
Tout d'abord la cadence à laquelle s'enchaînent les combats est complètement détraquée. Peut-être que les développeurs ont voulu faire coïncider ça avec l'adolescence de Ryu mais lors de la première partie du jeu les combats s'enchaînent trop fréquemment par moment. Heureusement cela s'arrange lors de la deuxième partie, mais encore faut-il que vous n'ayez pas arrêté de jouer d'ici là.
Ensuite, les ennemis sont tous capables de retirer de nombreux points de vie à vos héros, même lorsqu'ils ont 10 niveaux de moins. Le système de dégâts n'a pas l'air au point, ce qui vous obligera à jongler entre vos sorts de soin (gâchant au passage le peu de points de magie de vos personnages) et vos objets curratifs après chaque combat. La plupart de l'argent récolté passera d'ailleurs certainement dans l'achat d'objets de soin. Un coup de main à rapidement attraper pour survivre.
Enfin, les ennemis ne donnent que peu d'expérience par rapport à la dureté que l'on peut éprouver en les combattant. Déjà que les combats sont assez difficiles à cause des deux points précédents, il vous faudra vous armer de patience si vous avez besoin de prendre quelques niveaux en vue de l'affrontement d'un boss coriace.
Conclusion :
Pour conclure, Breath of Fire III est un bon jeu old school qui n'a pas si mal vieilli et qui a l'audace d'aujourd'hui encore présenter des choses uniques dans le monde des RPGs. Sa manière de se dévoiler et ses combats donnent réellement envie de jouer toujours plus malgré les problèmes de caméras ou les quelques défauts présentés par le système de combats qui n'auraient nécessité, à coup sûr, que des modifications minimes lors du portage pour les corriger.
+ Un scénario qui évolue sans cesse et qui se dévoile à sa manière
+ Des personnages attachants
+ Des graphismes mignons et colorés
+ Le système de combats simple et prenant...
- ... mais souffrant de quelques problèmes
- Pas de traduction Française
- La caméra
- Les musiques sont correctes mais ne s'affirment pas assez
Note Indicative : 15/20
Veuillez m'excuser pour le sobriété de l'image en introduction, ceci sera changé sous les prochaines 48 heures ^^ Aussi pour le pseudo, j'ai gardé Leon mais si tu préfères Felar, je changerai pour tous les tests. Disons qu'il s'agit d'un détail ^^