
Après Zelda et Valkyrie Profile, c'est au tour de la série des Suikoden de proposer une spin-off sur la portable de Nintendo. Il faut croire que cela est rentable puisque jusqu'à maintenant, les éditeurs ont pris la peine de réaliser de très bons jeux ! Voyons si ce Suikoden Tierkreis déroge à la règle des spin-off « grands éditeurs ».
Version testée :
Avant toute chose, sachez que je n'ai jamais joué à un autre Suikoden dans ma vie, mais je me suis renseigné au sujet de cette série mythique. Le fil conducteur est la présence des 108 Étoiles dans chaque opus, les Étoiles représentant chacun des personnages recrutables ! Ainsi, dans chaque Suikoden on retrouve certaines Étoiles récurrentes, alors que d'autres varient en fonction du jeu. Ici, spin-off oblige, les 108 Étoiles sont totalement nouvelles. De plus, il est important de préciser que les mondes utilisés dans les Suikoden font partie de l'Infinité, et sont accessibles par des portails. Ainsi, chaque Suikoden se déroule dans un monde différent de l'Infinité, ce qui permet de justifier intelligemment la présence des nouvelles Étoiles ou d'Étoiles récurrentes.
Ici, nous débutons l'aventure dans le petit village de Citro, où le héros et ses amis reçoivent leur première mission -car le jeu se déroule sous la forme de mission, à savoir chasser des Laggarts, des parasites qui attaquent les villages et les champs voisins. En se rendant dans leur zone d'influence, nos compagnons se font encercler par des monstres surpuissants qu'ils n'ont jamais vu et se font acculer dans une pièce où se trouve un livre énigmatique. En le touchant, chacun est témoin d'une vision et se voit doté d'une Marque des Étoiles, une puissante magie, qui leur permet alors de s'échapper ! C'est en sortant qu'ils se rendent compte qu'une forêt a remplacé la plaine ! De plus, leur mémoire est floue et personne ne sait si cette forêt était là à l'origine ou non...
L'intrigue de Tierkreis peut paraître un peu classique au premier abord (mémoire qui flanche, pouvoirs magiques...) et pourtant elle ne cessera de grandir et de devenir de plus en plus intéressante au fur et à mesure du jeu, à tel point qu'au bout d'une dizaine d'heures le suspens est tel qu'on ne peut plus décrocher ! Le jeu réserve quelques bonnes surprises, des retournements de situations et des batailles épiques tout en vous faisant voyager et découvrir les multitudes de races présentes dans l'Infinité.
Notre héros fondera vite une compagnie qui siègera dans le château en ruine trouvé près de la forêt. Celui-ci sera souvent attaqué par les forces ennemies et il vous incombera de le défendre en créant plusieurs milices avec vos personnages. De plus, cela rajoute un intérêt à la quête des 108 Étoiles car ceci permet d'étoffer son château, qui évoluera en fonction des protagonistes que vous réussirez à recruter : Aubergiste, Vendeur, Forgeron...Qui s'avèreront tous très pratiques à la longue, vous évitant d'incessants allez-retours entre votre QG et les villages voisins.
Le gameplay est en revanche très classique : combats au tour-par-tour avec choix entre Attaque (trois options : Corps-à-corps, Marque des Étoiles, ou Objets), Automatique, et Fuir. La difficulté étant risible et les combats TRÈS fréquents, on reviendra souvent à l'option Auto qui fera attaquer tous les personnages de l'équipe au corps-à-corps. Cependant, certaines nouveautés rompent la monotonie des combats, comme par exemple les Attaques de groupe, qui permettent de réaliser une attaque combinée avec des personnages dont l'histoire est liée : les 4 amis du débuts par exemple, ou encore 2 soeurs que l'histoire rapproche. Si un personnage est sur le point de tomber KO, il pourra essayer de se cacher derrière un autre ou se faire protéger s'il se fait attaquer, et cela a le mérite de sauver la vie de vos compagnons plusieurs fois.
Chaque protagoniste peut équiper presque tous les types d'armes, ce qui les rend polyvalents mais ce sont ensuite leurs stats qui font vraiment la différence. On ne peut avoir que 4 marques des Étoiles en combat, c'est pourquoi il faudra penser à équiper les bonnes dans les auberges ou au QG, où vous pourrez aussi choisir les 4 membres de votre équipe, ainsi qu'un soutien (Soin à la fin du tour, expérience supplémentaire, etc.).
De plus le jeu propose quelques duels, qui permettent souvent de recruter une nouvelle Étoile. Inutile de dire qu'en 1 contre 1, la difficulté se corse et qu'il faut mesurer chacune de ses actions ! Un plus non négligeable au vu de la difficulté du jeu.
Car oui, Suikoden Tierkreis se veut sans doute ouvert au grand public, mais il est tout de même excessivement facile ! Pour commencer, la fréquence des combats aléatoires est frustrante (tous les 2 mètres environ) et provoque une rapide montée des niveaux, rendant en général le jeu assez linéaire par absence de challenge. Ensuite parce que les personnages morts au combat reviennent avec 1 point de vie après ce dernier, ce qui rend les objets de soin quasiment inutiles hors-combat ! Cependant, il existe dans chaque zone que vous serez amené à traverser, une sorte de « monstre épique », un monstre beaucoup plus grand et plus fort que les autres, que vous pourrez combattre, qui en plus d'être magnifique dispose d'une petite cinématique de fin au lieu de disparaître comme les autres monstres abattus. C'est une bonne tentative de relever le niveau, surtout que certains sont vraiment coriaces, mais au final cela renforce encore une fois le côté trop facile du jeu puisqu'une fois battus ils vous rapporteront facilement plusieurs niveaux d'expérience d'un seul coup !
Les donjons par contre possèdent beaucoup d'embranchements, et chose rare dans les RPG de nos jours, il n'y a pas de carte ! À vous d'explorer chaque branche et de les mémoriser sous peine de vous perdre à chaque passage. C'est cette subtilité qui fait la difficulté du jeu car il sera dur de ne pas fracasser sa console tous les 30 combats, bloqué dans une mine. Cependant le jeu en vaut la chandelle au vu des armes surpuissantes qui ne se trouvent que dans les donjons.
D'un point de vue technique, Suikoden Tierkreis s'en sort vraiment bien ! Les graphismes sont somptueux et le jeu est toujours fluide. Les personnages et le bestiaire sont dans une 3D qui paraît assez sommaire en combat mais qui révèle tous ses détails lors des zooms. De plus, les monstres épiques sont en général vraiment beaux. Les décors eux, sont en 2D à vous décrocher la mâchoire et colle parfaitement avec le reste du jeu. Il est bluffant de découvrir un décor toujours plus beau à chaque nouvelle zone que l'on visite. En plus de ça, chaque personnage dispose d'un set d'artworks du plus bel effet, et le jeu regorge de cinématiques en anglais sous-titré français, qui apparaissent lorsque le scénario avance. C'est toujours un plaisir de débloquer une vidéo supplémentaire, surtout qu'elles sont visibles à volonté une fois une certaine Étoile recrutée.
D'un point de vue musical, certaines mélodies vous resteront longtemps dans la tête, entre celle du village de départ ou du QG dans lequel vous effectuerez de nombreux allers et venues. Les bruitages sont assez satisfaisant et les dialogues du scénario sont eux aussi intégralement doublés en anglais, un bonheur. Par contre on pourra constater quelques petites fautes dans le texte, au niveau de la traduction par exemple : « Nahzu's Mother » à la place de « Mère de Nazhu » ou encore, une erreur hilarante, « Homme austère » au lieu de « Homme Auster », les Austers étant une race de l'Infinité. Des petits oublis toutefois assez rares mais surprenant quand on y est confronté.
Le jeu offre aussi quelques innovations ou subtilités bien pensées ; le système de marché, qui rappelle un peu la bourse : en effet les prix des marchandises varient d'une ville à l'autre et ce sera donc à vous d'acheter à bon prix afin de les revendre au prix fort un peu plus loin. Cependant l'argent est le plus souvent acquis par le biais des missions, qui rapportent des sommes assez importantes, qu'elles soient liées au scénario ou non. On déplorera par contre l'absence d'exploration dans les villes, celles-ci se limitant à un menu avec les différents lieux accessibles. Dommage aussi pour le magasin d'armes qui ne permet pas de voir les statistiques augmentées mais juste quelle Étoile peut les équiper, on aurait préféré un menu à la Tales of pour ça.
Conclusion :
Enfin, la quête des 108 Étoiles offre un nouvel angle de vue à ce jeu en mélant les background de chaque Étoile qui développera des affinités avec tel autre grâce à son passé. Cette partie rajoute quelques heures à l'histoire et permet d'obtenir la meilleure fin ! Cependant il est dur de réussir à utiliser constamment 108 personnages et on se retrouve en général avec un groupe de tête de 20 Étoiles maximum et le reste à la traine car sans expérience, ce qui pimentera parfois le jeu à cause de la présence requise d'un personnage spécifique pour une mission, alors que celui-ci a 20 niveaux de moins que les autres ! Heureusement, en 3 combats il aura rattrapé son retard grâce à une expérience distribuée un peu trop généreusement.
Malgré ses combats rédhibitoires et trop faciles, Tierkreis apporte un vent de fraicheur à la DS en proposant un jeu réussi, long et accrocheur et en plus de cela intégralement traduit, ce qui à tendance à devenir rare. Avec une trame scénaristique profonde et des graphismes somptueux, il entre directement dans le top des RPG sur la console. Un must have, à ne louper sous aucun prétexte !
- Un RPG traduit en français
- La 2D à pleurer
- Les “monstres épiques”
- 108 personnages avec un background, ça fait du boulot
- Un Suikoden grand public qui fait découvrir la série à une nouvelle génération
- Un combat tous les 2 mètres !
- Avec 108 personnages, on est obligé d'en délaisser
Note Indicative : 16/20