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Après le succès d'estime de Mana Khemia ~Alchemists of Al-Revis~ sur PS2, Gust s'est mis en tête d'exploiter sa licence jusqu'à la moelle, en portant cet opus sur PSP, et en préparant une suite (pour l'adapter également quelques temps plus tard sur PSP). C'est par l'intermédiaire de NIS America que les anglophones peuvent désormais profiter pleinement de ce second segment de Mana Khemia, intitulé Fall of Alchemy, depuis la fin de l'été 2009.
Version testée :
Une fois n'est pas coutume, la jaquette est très explicite quant au contenu du jeu : on sait tout de suite que l'on va avoir à faire à du classique, de l'archi-classique. Le design est kawaï et surtout incroyablement coloré, on apprécie par conséquent que des portraits détaillés fassent leur apparition lors des séquences de dialogue. Les expressions sont par ailleurs assez nombreuses, et se couplent à merveille aux doublages japonais. Les acteurs ont encore une fois réalisé de l'excellent travail : c'est dynamique, avec des changements d'humeur improbables mais traités avec justesse ; on peut percevoir rien qu'à l'intonation si un personnage panique, se sent confiant... Parmi les meilleurs moments, on retiendra les ricanements d'une sorcière “démoniaque”, ou encore les “Ahahah” d'une certaine fée...
Dès les premières minutes, on ressent l'aspect classique du soft : outre une séquence animée et chantée, le joueur est amené à choisir entre une fille et un garçon pour débuter l'histoire. Si ceci n'a pas toujours grande importance dans ce genre de jeux, il est bon de souligner que cela détermine les personnages avec lesquels vous partagerez votre année d'apprentissage ; chaque équipe est ainsi constituée de 5 membres dont le personnage principal (un sixième combattant pouvant vous rejoindre de temps à autre en tant qu'invité). La première partie terminée, il est possible de choisir (en mode New Game Plus) le protagoniste délaissé en premier lieu. Pour cette preview, l'énergique Ulrika fut choisie pour héroïne.
Son scénario s'ouvre sur un évènement de son enfance, au cours duquel elle reçut un oeuf mystérieux d'un vieillard semblant à l'agonie. On retrouve Ulrika adolescente, accompagnée de son amie Chloe ; les deux jeunes filles partent étudier à Al-Revis. Si prestigieuse que fut cette académie, il n'en reste aujourd'hui qu'un pâle souvenir, la disparition progressive des Manas ayant entraîné une chute vertigineuse de l'établissement (flottant dans le ciel durant le premier opus). Les bons professeurs sont depuis de plus en plus rares, et les étudiants ne s'intéressent plus à l'alchimie. Si l'arrivée d'une nouvelle présidente à l'administration permet de faire revenir les bénéfices, c'est au prix d'une certaine qualité d'enseignement. Mais surtout, l'académie est désormais ouverte à tous, aspirants alchimistes ou non. D'ailleurs, cette matière pourrait ne plus faire l'objet d'une classe à compter de l'année à venir... Désespéré, le principal fait appel à l'une de ses connaissance pour rétablir la situation.
Si les fans du premier Mana Khemia retrouveront des têtes connues, l'équipe que l'on contrôle est entièrement exclusive à ce second volet. Ulrika est une adolescente simple d'esprit et toujours prête à s'amuser plutôt que de travailler... Entendons-nous bien : elle n'est pas juste naïve, elle est idiote. Les développeurs ont pensé le personnage ainsi, il y a même des scènes où elle est complètement ignorée par ses camarades. Au moins on échappe au jeune homme pré-pubère apte à diriger une armée de guerriers pour le salut du monde. Maigre consolation, pour les nerfs de certains.
La plus proche “amie” de notre héroïne, Chloe, serait bien restée chez elle pour améliorer ses sorts d'invocation et autres malédictions, mais elle fut entraînée de force pour intégrer l'académie Al-Revis. Quant Ulrika l'agace de trop, elle a recours à ses propres méthodes pour résoudre le “problème”.
Ces deux jeunes filles seront vite rejointes par Pepperoni, un culturiste très conventionnel... Si ce n'est qu'il étudie la façon de vivre des fées, comptant bien en devenir une un jour ! Enna est un jeune garçon plutôt timoré, et complexé par la simple mention de sa soeur, Et... Il compense sa faiblesse physique par l'utilisation de machines qu'il améliore en permanence. Enfin, Goto rejoint la joyeuse troupe ; le mystère sur sa véritable nature est total. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il abuse des charmes de son costume d'animal pour draguer... À peu près tout ce qui bouge ! Et parfois même le joueur, si si... Bien évidemment, il a une attirance particulière pour les jeunes étudiantes.
Vous l'aurez compris, une équipe de ce genre ne réserve pas que des situations imprévisibles, néanmoins l'humour est fortement présent, notamment de par le caractère hétéroclite du groupe. Ces personnages génèrent en effet des situations foncièrement incohérentes au cours de ce que l'on appelle les Character Quests -CQ- (à faire durant votre Free Time -FT-). Il reste à espérer que si une version PSP US voit le jour, elle aura conservé les doublages originaux ; dans le cas contraire, les CQ ne seront pas doublées et perdront une bonne dose de fun, retirant au jeu son principal attrait, de mon point de vue.
Car le problème de Mana Khemia 2 réside bien dans son incapacité à se démarquer de son aîné (voire des Atelier Iris sur certains points). Le jeu conserve une structure identique dans la répartition du temps libre et celui de l'étude ; chaque période est découpée en un nombre fixe de semaines, certaines réservées au travail, d'autres aux occupations personnelles. Plus de souplesse n'aurait pas fait de mal (surtout pour un deuxième épisode), comme la possibilité d'avoir du temps libre supplémentaire sur une semaine d'étude, en cas d'un bon résultat lors d'une mission. Si l'on valide le nombre d'unités nécessaires, il est certes possible d'acquérir un peu plus de temps libre, mais cela s'avère trop limité pour le nombre d'activités réalisables, parmi lesquelles on notera les CQ et les jobs. Mana Khemia 2 propose, en plus, de vendre les objets synthétisés de votre choix, afin de réaliser des bénéfices, mais surtout de pouvoir les retrouver dans les stocks des magasins ensuite (pratique pour se procurer des objets rares). Cet évènement prenant toute une semaine de FT, il faut choisir entre ça et les CQ, d'où mon impression que l'on manque de temps. Mais il est vrai que le jeu ne se déroule non plus sur trois années comme avec Mana Khemia, mais sur une seule, et le New Game Plus permettra peut-être d'avoir un peu plus de temps libre pour ce genre d'activité.
Au niveau musical, le jeu s'avère beaucoup moins marquant que son aîné ; ses thèmes de combat sont cependant une franche réussite, et se renouvellent au cours du jeu. C'est sans doute la partie la plus importante d'un RPG aux yeux de nombreux joueurs, il n'y a donc pas trop lieu de se plaindre, d'autant que chacune des deux voies comporte certainement son lot de musiques exclusives à écouter.
Le mélange de 2D/3D rend les décors très agréables à parcourir, l'exploration est fluide. Cependant les sprites des personnages font de plus en plus tâche avec les opus, et il devient inconcevable que Gust ne soit pas capable de mieux faire en la matière. Les contours sont grossiers, et l'animation ne rattrape pas vraiment le coup. Si ça a toujours été le cas, au bout d'une demi-douzaine de jeux sur PS2 de la part des développeurs, je commence à me lasser d'une telle paresse.
D'autant que les petits gars de chez Gust n'ont pas finis de nous ressortir des mécanismes de combat vus et revus : on retrouve les traditionnels combats au tour par tour, mais (paradoxalement ?) très dynamiques, avec leur lot de skills et de flashs... Ça bouge, ça explose, ça crie, c'est Mana Khemia... 2. Avec quelques variantes, et des ajouts.
Malgré tout, l'envie d'avancer est assez présente pour peu que vous ne soyez repoussé par le kawaï et autres clichés du RPG. Je reviendrai plus en détail sur le gameplay lors d'une review détaillée. À l'heure où j'écris ces lignes, je m'interroge quand même sur un point : Mana Kemia 2 ne serait-il pas le jeu de trop pour la franchise de Gust ? |