Aujourd'hui, quel joueur digne de ce nom possédant une PS2 n'a pas entendu parler ou joué à Persona 3 (FES) et/ou Persona 4 ? Sans atteindre les chiffres de ventes des "grands" du RPG, la série Persona a indéniablement acquis une renommée internationale parmi la communauté des gamers grâce à ces trois titres. Au point qu'elle en éclipse sa génitrice, la série des Shin Megami Tensei, aux yeux du grand public. Mais en a-t-il toujours été ainsi ? Quelle sorte de jeux exactement sont les deux premiers Persona ?
Version testée :
La série commence par une rumeur : on raconte à l'école de St Hermelin que si vous jouez au jeu "Persona", vous connaîtrez votre avenir. Quelques étudiants de l'établissement sus-mentionné s'essaient à ladite activité, mais le résultat n'est pas exactement celui qu'ils attendaient... Bientôt la ville se retrouve envahie par les démons. De plus, quelque chose dans les lieux et certaines personnes rencontrées paraissent sortir de l'ordinaire. Nos héros, possédant le pouvoir d'invoquer une facette de leur personnalité, doivent désormais lutter pour mettre fin aux agissements de Kandori, un homme responsable de bien des troubles...
L'aventure ne fait que commencer à ce stade ; dans un esprit assez proche d'un Survival type Silent Hill, l'univers de Persona est présenté comme étant tout ce qu'il y a de plus normal de prime abord, pour basculer progressivement dans un autre état d'esprit. On se met à douter de tout, et l'explication amenée au bout des premières heures laisse entrevoir une intrigue palpitante. Et celle-ci n'est pourtant pas excessivement mise en avant ; à l'instar de beaucoup de RPG de la PS1, les dialogues sont assez rapides, cela dit la qualité du script parvient tout à fait à restituer l'émotion du moment. De plus, l'univers s'annonce riche de par le nombre de protagonistes introduits (contrairement à Devil Survivor, on peut se promener librement dans les lieux rencontrés, ce qui permet de discuter avec des PNJ pour se renseigner sur la situation alentours). Il faut aussi savoir que l'intrigue n'est pas linéaire, dans le sens où vos décisions ont des influences sur les personnes qui vous accompagnent, le déroulement de certains évènements, et surtout l'issue du jeu ; la Snow Queen Quest représente en effet un chemin alternatif à la trame principale.
Bref, dans Persona tout ou presque est différent des opus PS2, à commencer par le mode de déplacement. Alternant vue à la première et à la troisième personne, le jeu se veut particulièrement dynamique, puisqu'en appuyant sur le bouton O, le héros se met à courir ; la marche peut ceci dit être préférable dans certains cas. Dans une salle avec PNJ, vous vous déplacez dans un environnement en 3D isométrique ; en donjon c'est la partie "Dungeon RPG à l'ancienne", tandis que les combats sont également en 3D isométrique, ce qui n'est pas innocent (nous y reviendrons).
Outre la possibilité de se déplacer très rapidement (en pratique, les rencontres aléatoires ralentissent un peu notre course), on apprécie surtout la présence d'une petite carte qui se complète en temps réel dans un coin de l'écran, à mesure que l'on progresse. Sur la version PSP on peut même voir les derniers pas effectués, ce qui permet notamment, lorsque l'on sort d'une salle, de ne pas avoir à retrouver par où on est venu ! Chaque lieu visité ou couloir traversé est également coloré de façon à ce qu'on sache qu'on est déjà passé par ici. Il s'agit là d'un confort incroyable, un très bon point pour le jeu.
Mais Persona comporte aussi son lot de combats contre les démons qui ont envahi les lieux. Il est à ce sujet amusant de constater que chaque créature est dotée d'une personnalité... Vous l'avez peut-être compris, en dehors de faire usage de vos poings, vous aurez l'occasion d'exercer vos talents... "d'humain". Un démon apeuré surgit ? Essayez de l'impressionner avec l'un de vos Persona-users, et peut-être s'affolera-t-il ? Un démon joyeux apparaît ? Trouvez un moyen de le divertir, et vous gagnerez un objet précieux. Cette composante du gameplay de Persona participe à sa richesse : chaque démon a quatre états susceptibles d'être exacerbés par l'un de vos cinq protagonistes, chacun possédant des façons bien à lui d'amadouer les créatures ! Dans la pratique, il suffit en général de trouver la faille et de répéter l'action, ceci dit la découverte du système s'avère très intéressante, puisqu'elle comporte une certaine dose de risque/bénéfice qu'il est important de considérer avant d'engager la "conversation". Mentionnons pour finir que les discours sont en général très humoristiques, chaque démon ayant, en plus de sa personnalité, sa propre façon de s'exprimer.
Mais parfois la dialogue n'est pas (plus) la solution, il faut alors sortir les armes. Et Persona voit les choses en grand : outre les traditionnelles attaques à l'arme blanche, il existe la possibilité de tirer avec des pistolets et autres fusils. À cela on rajoute l'utilisation des skills possédés par chaque Persona des membres de l'équipe, et l'influence de votre formation (chaque type d'attaque ayant une portée bien définie). Tout ceci donne au jeu un petit air de Tactical pas désagréable, jusqu'à présent.
Pour terminer, un petit mot sur les musiques ; l'édition US étant livrée avec l'OST en 2CD, il va de soi que les amateurs de Shoji Meguro, directeur et compositeur de cette version PSP, seront intéressés par l'offre. Je n'ai pas encore entendu beaucoup de thèmes in game, mais la J-pop domine très nettement. Les avis sont partagés sur la question, il est vrai que ce genre de piste ne colle pas à l'esprit du titre, dans l'absolu. N'ayant pas d'expérience antérieure avec ce soft, je trouve cependant les quelques nouvelles pistes entendues assez réussies (comme le thème joué à St Hermelin).
Premier bilan extrêmement positif au sujet du soft d'Atlus donc, car Persona est un titre plein de promesses : celles d'un univers recherché, d'une ambiance unique, et surtout d'un gameplay fouillé et d'un grand confort de jeu. Le plus surprenant dans l'affaire, c'est que le titre n'a pratiquement pas pris une ride. |