
Nous voici une fois encore avec un nouvel opus de la saga des Tales of, clairement orienté spin-off pour l'occasion, Tales of VS. Les habitués de la série savent que celle-ci est réputée pour son système de combat en temps réel, que ce soit au niveau de la gestion des déplacements ou de la réalisation des attaques. Tales of VS est, comme son nom peut le laisser supposer, un jeu de combat, qui ressemble d'ailleurs à un Super Smash Bros pour les connaisseurs, et certains y verront peut-être également la réponse de Bandai Namco au Dissidia Final Fantasy de Square Enix. Vous y retrouverez divers protagonistes issus de différents épisodes de la saga, prêts à s'affronter les uns les autres pour savoir lequel d'entre eux est le plus fort. Si la série des Smash Bros connaît un franc succès, que peut-on dire de ce Tales of VS ?
Version testée :
Une fois l'UMD lancé, on assiste bien rapidement à l'introduction du jeu, doublée de l'opening "Be Your Wings" interprétée par le groupe GIRL NEXT DOOR. Si pour la musique tout est une question de goût, il faut reconnaître que la cinématique (en anime) n'a guère d'intérêt, si ce n'est présenter les combattants que l'on retrouvera dans le titre. Bref, passons.
Le menu principal nous offre 8 choix : Yggdrasil Battle, Quick Battle, Ad Hoc Battle, Training, Character Customize, Collection, Option et enfin Save/Load.
L'Yggdrasill Battle s'apparente au mode histoire que l'on peut retrouver dans d'autres jeux de combats. La trame consiste généralement à suivre l'histoire de différents personnages en quête de la Grande Graine qui pousse sur l'arbre d'Yggdrasill. Or pour y accéder il leur faut participer à l'Yggdrasill Battle, un tournoi qui réunit les meilleurs combattants de chaque nation et qui a pour but de récompenser le vainqueur en lui octroyant ladite graine qui lui permettra de réaliser un voeu.
Différents scénarios sont mis en place pour vous permettre de suivre les péripéties de certains combattants, par groupe de 2 ou en solitaire selon le cas. Comprenez bien là que lorsque vous suivrez les aventures d'un duo, vous ne commanderez qu'une personne en combat, l'ordinateur se chargeant de diriger votre partenaire. C'est avec soulagement que l'on constate que le choix du personnage à manier nous est laissé lorsque l'on incarne une équipe de héros, c'est toujours ça de pris. Néanmoins, il vous faudra faire en sorte de faire évoluer vos personnages de manière assez égale, afin qu'ils puissent tous deux prendre part au combat efficacement. L'aventure se déroule en se déplaçant sur la carte du monde, où vous devrez aller d'un point à un autre pour déclencher des évènements et autres combats afin de progresser. Bien entendu, cela s'avère rapidement répétitif, mais que voulez-vous, il s'agit d'un jeu de combat. On appréciera tout de même les quelques dialogues et autres skits qui précèdent et succèdent les duels et apportent un soupçon d'intérêt à ce mode de jeu, qui s'avère en fin de compte sympathique.
Le Quick Battle se décline en 4 autres modes : Arcade Battle, Survival Battle, Special Battle et Single Battle. Si les deux premières appellations font partie des classiques et sont forcément connues des férus de jeux de baston, il n'en va forcément autant pour les deux dernières. L'Arcade Battle vous propose d'enchaîner 8 combats à la suite, en 2 contre 2, contre des ennemis de plus en plus redoutables à chaque fois ; le Survival Battle s'y apparente un peu, sauf que là le nombre de combats est défini par votre capacité à survivre et gérer vos points de vie (car votre équipe n'est que partiellement soignée entre chaque combat). En optant pour le Special Battle, vous participerez à des combats sous des conditions particulières, avec des objectifs précis à atteindre, comme éliminer 3 adversaires avec un personnage défini ou protéger votre partenaire des assauts ennemis et remporter le combat par exemple. Pour finir, le Single Battle vous permet de prendre part à un combat dont vous aurez créé les conditions. Vous pouvez définir : les participants et leur attribuer des handicaps, le système de combat (par points, par nombre de vies, etc), l'endroit où aura lieu l'affrontement, la durée de ce dernier et même la musique que vous pourrez y entendre. Une dernière option permet également de pimenter le tout en ajoutant des conditions spéciales (comme des dégâts doublés ou une vitesse réduite de moitié entre autres). Néanmoins, si les options peuvent paraître nombreuses, on regrettera le fait qu'on ne puisse pas vraiment en profiter pleinement : impossible par exemple de se débarrasser de la limite de temps, ce qui s'avère gênant lorsque l'on opte pour un combat en 5 vies et que le temps limite maximum est de 3 minutes. Rageant.
L'Ad Hoc Battle, ou Tsuushin Battle de son nom japonais (à traduire grossièrement par "combat en communication"), permet d'affronter en local d'autres joueurs possédant leur propre exemplaire du jeu. Ce mode est jouable jusqu'à 4, avec l'un des joueurs qui crée une session pour accueillir les autres, et qui définit alors les règles que ses camarades doivent accepter afin de prendre part à l'affrontement. Pour les intéressés, notez qu'il est possible de jouer en mode online par le biais de la PS3 et en utilsant un compte PSN japonais. Attendez-vous à plus ou moins de lag en fonction de la distance qui vous sépare des autres joueurs, même si en général tout se passe plutôt bien. Somme toute, rien à redire sur ce mode de jeu, si ce n'est que l'on aimerait vraiment pouvoir opter pour des règles de combat plus libres comme il a été précisé un peu plus haut.
Le mode Training vous donne non seulement accès à un tutorial permettant de maîtriser les différents aspects et commandes du jeu, mais vous pouvez bien entendu prendre part à un combat d'entraînement dans les conditions de votre choix. Classique dira-t-on, mais ô combien indispensable pour les novices.
Venons-en à présent au Character Customize, une des clés de voûte de ce Tales of VS. Deux options vous sont proposées, Edit et Shop. La première vous permet de customiser le personnage de votre choix et la seconde vous offre le droit d'acheter divers équipements et autres power-up pour votre chouchou.
L'Edit se décompose en 6 parties :
- le Status Edit : il vous permet de renforcer de nombreux paramètres, des HP/TP Max à la vitesse de déplacement en passant par les statistiques d'attaque et de défense entre autres. Vous aurez néanmoins besoin de Grade Points ou GP afin de booster votre personnage, points que celui-ci aura acquis au fil des combats menés.
- les techniques et sorts, où vous pourrez choisir les capacités qu'emploiera au combat le personnage sélectionné. Notez que vous pouvez également les customiser quelque peu en augmentant leur puissance ou en réduisant le taux de consommation de TP, et vous pourrez même aller jusqu'à raccourcir la durée d'incantation des sorts. Sachez cependant que ce genre de manoeuvre vous coûtera encore une fois des GP. Autre détail qui a son importance : il n'est possible de lier que 4 techniques/sorts à un même personnage, ce qui limite drastiquement les possibilités en combat.
- l'équipement, qui comme son nom l'indique vous permet de munir votre protégé d'armes, armures et accessoires que vous aurez achetés au prélable.
- la stratégie, qu'il vous faudra régler au mieux afin que l'ordinateur puisse gérer chaque situation. Vous pouvez paramétrer jusqu'à 4 types de comportement pour votre allié (normal, attaque, défense et fuite, modifiable en combat via le stick de la PSP), ce qui laisse présager de bonnes choses. Cette section sera davantage détaillée à travers les explications sur le système de combat.
- les titres : il s'agit de ces éléments récurrents à la série des Tales qui viennent récompenser vos personnages lors de certains skits ou après avoir réalisé certaines performances en combat. Chaque protagoniste peut s'équiper d'un seul titre à la fois, et celui-ci viendra booster certaines statistiques (au détriment d'autres quelquefois).
- les skills, ces capacités spéciales qui vous permettront de renforcer davantage vos héros une fois encore au niveau des statistiques ou en leur attribuant des pouvoirs particuliers, comme un saut supplémentaire dans les airs, une garde aérienne ou encore le Fatal Strike que reconnaîtront les personnes ayant joué à Tales of Vesperia. De nombreux choix sont proposés, et tous les skills ne sont pas disponibles d'entrée ; il faut en effet que votre personnage dispose de suffisamment de GP pour prétendre à de meilleures capacités, les plus intéressantes apparaissant bien évidemment après avoir accumulé un paquet d'expérience. Vous devrez acheter ces skills auprès de la boutique, et ce pour chaque personnage, et quand on sait que le seul moyen pour obtenir de l'argent dans ce jeu est de combattre, on comprend bien vite que l'on risque d'en avoir pour un moment. Et ce n'est pas tout : le fait d'équiper une capacité consommera plus ou moins de Skill Points (SP). Chaque personnage voit son nombre de SP croître en même temps que ses GP, donc il vous faudra prendre du grade pour bien vous renforcer.
En résumé, le Character Customize propose une interface assez complète et plutôt bien pensée. On prend vite un intérêt à renforcer son poulain comme il faut et à le voir se renforcer progressivement au fil des combats. Néanmoins, l'évolution de votre personnage s'avère relativement lente et vous obligera à participer à bon nombre de combats. Si ces affrontements permettent d'accumuler les sous nécessaires à l'acquisition des nombreux bonus, on regrettera tout de même que ces derniers ne soient pas moins onéreux, car volonté et patience seront de mises si vous désirez profiter de toutes les possibilités. Au bout du compte, on se rend compte qu'il aurait été préférable d'accélérer le processus, que ce soit en réduisant le coût des options ou en accroissant les récompenses de fin de combat. D'autant que le fait d'avoir à racheter chaque bonus pour tous les personnages n'aide pas trop, car cette manoeuvre n'a pour but que d'allonger la durée de vie du jeu d'une manière bien insipide et ne fait que souligner l'aspect itératif du soft.
Attardons-nous encore quelques instants sur le menu Collection, qui se scinde lui aussi en 6 parties :
- l'Event Library : vous pourrez y visionner chacun des skits que vous avez déjà vécus au cours de l'Yggdrasill Battle. Pratique pour se remémorer certains évènements sans avoir à parcourir à nouveau le mode histoire.
- l'encyclopédie des Tales, où vous pourrez consulter des fiches résumant diverses informations à propos de chaque combattant. Toujours bon à prendre.
- Record : très simple, un récapitulatif de certaines performances, comme le temps de jeu écoulé, le nombre de combats effectués, etc. Rien de particulièrement intéressant à relever parmi les informations disponibles, si ce n'est qu'il aurait été préférable de disposer de davantage de détails, comme un pourcentage d'utilisation des personnages par exemple. Une petite remarque en ce qui concerne le compteur de temps de jeu : celui-ci bloque à 99h59, ce qui a de quoi faire sourire quand on sait qu'il va falloir passer beaucoup plus de temps pour tout débloquer.
- la connection en réseau, qui vous permet de vous mettre en lien avec un téléphone portable (uniquement si vous résidez au Japon) et d'avoir accès à un contenu exclusif. Vous pouvez également vous connecter à Internet afin de télécharger de nouvelles missions spéciales, mais attention : certaines d'entre elles nécessitent d'insérer un code secret qui ne peut être obtenu que dans des magazines, CD ou autres goodies que l'on ne trouvera bien entendu qu'au Japon. Bien qu'originale, cette initiative ne plaira peut-être pas à tous car elle nécessite des dépenses supplémentaires pour acquérir un contenu irrécupérable autrement.
- l'Item Library vous affiche les Character Cards que vous avez déjà récupérées au cours des divers scénarios de l'Yggdrasill Battle. Récupérer ces cartes vous donne accès à de nouveaux personnages dans le...
- Tales of Wall Breaker. Il s'agit en quelque sorte d'un mini-jeu qui se présente toujours sous la forme d'un jeu de combat, mais dont les règles sont assez particulières : les deux combattants se retrouvent prisonniers entre deux murs et doivent propulser leur adversaire sur l'un d'eux pour le détruire. Chaque personnage dispose d'une jauge d'énergie, la Snap Gauge, dont le niveau diminue en infligeant ou en subissant des coups. Plus le niveau de la Snap Gauge est bas, plus les coups reçus projetteront loin, et le but est d'envoyer valser l'ennemi sur l'un des murs afin de le fragiliser et au bout du compte le démolir. Après avoir été projeté contre un mur, le personnage voit sa jauge d'énergie devenir pleine à nouveau, de quoi renverser la vapeur. Bien entendu, il ne s'agit pas d'un simple jeu du chat et de la souris où les personnages incarnent le chat à tour de rôle, car le système de combat propose quelques possibilités pour permettre à un joueur de résister aux assauts adverses et de recouvrer son énergie. Par contre ne vous attendez pas à quelque chose de très complexe, le système reste plutôt basique et le peu de variété viendra surtout des techniques propres à chaque protagoniste. Vous pouvez compter sur la vingtaine de personnages pour cela, même si l'on regrettera le fait qu'ils proviennent pour la majorité de Tales of Destiny et Tales of Eternia. Pourtant les sprites des personnages semblent extraits des Tales of the World Narikiri Dungeon, série qui regroupe également des héros issus de Tales of Destiny 2 et Tales of Symphonia, alors quid de ces autres héros ? Et que dire du point du vue visuel de ce Tales of Wall Breaker, si ce n'est que ce qu'on a là est indigne d'une PSP ? Pour l'anecdote, sachez que la quasi-totalité des éléments sont tirés de Tales of the World Narikiri Dungeon 2, un titre conçu à l'origine pour la GBA. Je vous laisse imaginer le spectacle.
Au bout du compte, on finit par se demander pourquoi les créateurs ont pris le temps (ou serait-ce perdu du temps ?) de développer un mini-jeu de la sorte. Il n'est certes pas spécialement déplaisant, mais son intérêt demeure toutefois limité, voire nul. À la limite, il contentera peut-être les fans de la série qui y retrouveront certains personnages n'ayant pas fini dans la liste des héros jouables de Tales of VS.
Inutile de perdre davantage de temps avec les deux derniers menus vu qu'ils proposent des options des plus classiques.
Intéressons-nous à présent au système de combat. À l'instar de Super Smash Bros, les affrontements ont lieu sur un plan en deux dimensions dans des arènes aux limites prédéfinies. Le but est simple : vaincre l'ennemi en épuisant ses HP. Chaque personnage dispose pour cela d'un panel varié d'attaques propre à son style de combat. Les magiciens emploieront une majorité de sorts pour éliminer leurs adversaires à distance, tandis que les combattants préférant le corps à corps opteront pour des techniques efficaces à courte portée. Si certains protagonistes peuvent profiter de sorts comme de techniques, il ne faut pas oublier que l'on est limité à 4 attaques par personnage et il faudra par conséquent bien réfléchir aux capacités que vous souhaitez attribuer à votre protégé. Cette restriction s'avère pour le moins pénible car on se retrouve avec un arsenal d'attaques dérisoire, ce qui n'aide pas vraiment à diversifier l'action lors des combats qui sont déjà bien trop courts à cause de la limite de temps imposée. Il ne reste plus qu'à se tourner vers les capacités spéciales que l'on a pu acquérir grâce aux skills pour ajouter un peu de piment à la sauce, mais force est de constater qu'elles ne servent pas à grand chose pour la plupart. En effet, à quoi sert de pouvoir réaliser 5 sauts dans les airs lorsqu'on ne dispose que de 3 minutes pour venir à bout de ses ennemis ? Ou que faire d'un Canceller qui permet de rallonger un combo lorsque l'ennemi casse celui-ci en passant en Over Limits à chaque fois ? Au final, on se retrouve à utiliser les skills permettant de renforcer davantage les statistiques afin de mettre au plus vite un terme au combat, car il ne sert à rien de s'éterniser ou de tenter des combinaisons classieuses.
Pour ce qui est de mettre un terme au combat, si les magiciens n'éprouvent pas particulièrement de peine à assaillir leurs adversaires à coup de sorts dévastateurs, on ne peut pas vraiment dire que c'est également le cas pour les aficionados du combat rapproché. Ça commence par une maniabilité un peu trop rigide à la base, qui peut sans doute être corrigée à l'aide de quelques power-ups bien sélectionnés, puis on se met à constater que certains coups possèdent des propriétés pas vraiment pratiques pour s'enchaîner avec d'autres, et comme il y a toujours cette limite de 4 techniques on finit par se rabattre vers les capacités les plus efficaces, quitte à délaisser l'originalité. Ben oui, pas le choix lorsqu'on voit que certaines techniques ont été réaménagées, comme World Destroyer qui est immonde visuellement et possède une zone d'effet réduite ou Grand Cross qui perd toute efficacité à cause d'une mise en action bien trop longue. Si pour certaines la raison est plus qu'évidente (World Destroyer = Game Over dans le jeu d'origine), on est tout de même en droit de se poser des questions en ce qui concerne les autres attaques.
Si vous avez joué à d'autres épisodes de la saga par le passé, vous retrouverez assez rapidement vos marques. Les 3 jauges propres à chaque personnage ne sont autres que ses HP, ses TP (consommés par les techniques et les sorts) et sa barre d'Over Limits (OL). Une fois cette dernière pleine il est possible pour le personnage d'entrer en OL pour une durée définie, durée pendant laquelle ses capacités se voient renforcées. Dans cet état, il peut également en profiter pour réaliser un hi-ougi, une de ces attaques secrètes qui en mettent plein la vue et infligent des dégâts considérables. À noter l'apparition d'une variante lorsque vous jouez en équipe : il est possible pour les partenaires d'entrer en Over Limits X (prononcez Over Limits Cross) et d'effectuer un Extra Finish (un combo ravageur en duo) sur leur ennemi. Par contre, si pour les hi-ougi la joliesse est de mise, vous pouvez l'oublier pour l'Extra Finish : un écran noir, quelques flashs et autres impacts de coups et c'est terminé. C'est vraiment dommage, car il aurait sans doute été intéressant de voir des combinaisons spéciales entre certains personnages. Tant pis.
Pour vous aider à vaincre l'ennemi, vous pouvez profiter des différents objets qui apparaissent aléatoirement sur le terrain. Chacun d'entre eux fait référence à l'univers des Tales. On trouvera deux catégories d'objets : la nourriture et les armes. La première vous octroie un renforcement temporaire des statistiques, tandis que la seconde vous permet d'assaillir l'ennemi par des procédés plutôt originaux. Il existe un dernier type d'objet : la sphère d'Over Limits, ou Limits Ball, qui offre un boost plus ou moins conséquent à la jauge d'OL. On regrettera simplement le fait de ne pas pouvoir empêcher son apparition, même en supprimant les objets via les options, car vous allez voir que jouer avec les objets peut avoir ses inconvénients.
Je terminerai brièvement sur la fluidité des combats. Rien de spécial à signaler, si ce n'est quelques légers ralentissements lorsque l'action de 3 ou 4 personnages se concentre en un même point.
Nous parlions tout à l'heure de la conduite de votre partenaire, liée à l'Intelligence Artificielle (IA), et force est de constater que malgré les multiples options disponibles l'ordinateur reste plus un boulet qu'autre chose.
Premièrement, les variations au niveau du comportement global sont quasiment nulles et votre allié réagira pratiquement toujours de la même manière : un combo au corps à corps ou un sort à distance en fonction des capacités que vous lui aurez laissées, un petit déplacement ou un petit moment où il cherchera à se défendre, et, le cas échéant, il partira à la recherche d'un objet. Car l'ordi, allié comme ennemi, est un comme un toutou : il voit en chaque objet un beau nonosse et se jettera dessus à chaque fois qu'il le pourra, quitte à fuir le combat. C'est tout bonnement honteux, surtout qu'il n'y a pas moyen d'éradiquer complètement les objets via les options.
Deuxièmement, votre allié ne pourra utiliser que les techniques et sorts que vous lui aurez laissés au préalable, pour un maximum de 4 au total, et il est impossible de les modifier en plein combat, ce qui fait que l'on se retrouve avec un compagnon aux aptitudes plus que limitées. On remarque par ailleurs que l'ennemi lui aussi est limité à 4 possibilités, ce qui le rend bien vite prévisible. Quel dommage.
Un dernier point en ce qui concerne le réglage de la conduite de votre partenaire : il est certes possible de lui attribuer jusqu'à 4 stratégies particulières parmi de nombreuses possibilités (réaliser des combos, protéger les lanceurs de sorts, privilégier l'Over Limits Cross, etc), mais vous devrez acheter ces options en boutique. Et le pire dans l'histoire, c'est que vous devrez débourser de l'argent pour éditer la statégie de chacun des personnages du jeu. Oui, vous avez bien compris : plutôt que de vous faire payer une bonne fois pour toutes une option précise, les développeurs ont eu l'idée -assez débile- de vous faire perdre un maximum de temps à racheter plusieurs fois le même article.
Graphiquement, Tales of VS ne propose rien d'exceptionnel pour de la PSP. Il n'est pas spécialement affreux non plus, même si l'on regrettera peut-être certains choix, à commencer par l'habillage en pseudo cell shading des personnages qui n'a pas vraiment de raison d'être si ce n'est englober nos héros sous un manteau de noirceur qui n'est pas toujours du plus bel effet. C'est à se demander si ce n'est pas plutôt là pour camoufler un éventuel aliasing. Quoi qu'il en soit, on ne prête heureusement plus trop attention à ce détail après quelques heures de jeu.
Les personnages sont suffisamment bien modélisés pour qu'on puisse les reconnaître sans problème. Les effets visuels des techniques et autres sorts sont pour la plupart plutôt bien rendus, et on remarque aisément la ressemblance par rapport à la version originale : Explode donne toujours lieu à un dôme de flammes et Meteor Swarm laisse bien place à un déluge de météorites, pas de souci de ce côté-là. Mais comme il a été mentionné précédemment, attendez-vous néanmoins à quelques surprises en ce qui concerne certaines attaques, elles ne sont pas toutes très jolies à voir.
Les arènes dans lesquelles ont lieu les combats sont inspirées de différents éléments liés aux opus de la série, et les fans reconnaîtront sans mal le Tartarus de Tales of the Abyss ou le colisée par exemple. Si l'on ne rechignera pas trop sur l'aspect visuel de celles-ci au niveau des couleurs et du décor, il y a quand même de quoi se poser des questions par rapport à leur design, qui fait preuve d'une simplicité affligeante et manque cruellement d'inspiration. Apprenez que 90% des arènes sont composées de plate-formes agencées de manière symétrique la plupart du temps, et ce ne sont pas les quelques tornades et autres rayons laser poignant à tout va qui viendront rendre le tout plus excitant, au contraire, car ces éléments n'apportent aucun intérêt et dérangent plus qu'autre chose.
En ce qui concerne la partie sonore, les habitués de la série reconnaîtront bien rapidement les divers thèmes que l'on peut entendre lors des affrontements étant donné que la majorité d'entre eux sont extraits des opus auxquels appartiennent nos héros. Par ailleurs, ces thèmes possèdent quasiment tous une version arrangée, c'est-à-dire remaniée par rapport à l'originale afin d'y ajouter une pointe d'exotisme. Néanmoins, il aurait sans doute été préférable d'introduire plus de thèmes exclusifs, car si l'on excepte les versions remixées on ne trouve effectivement pas grand chose.
Pour ce qui est du doublage des personnages, pas de problème, tout le monde est bien servi, que ce soit lors des skits éparpillés à travers les scénarios ou bien pendant les combats. On regrettera cependant que les scènes ne soient pas toutes doublées : ce n'est pas le cas de celles qui concernent les évènements annexes entre autres, ce qui est fort dommage, car un léger effort de ce côté-là n'aurait pas été de trop. Il y a néanmoins de quoi être satisfait lorsque l'on entend les diverses répliques, que ce soit en combat ou lors des saynètes : du personnage timide (Ruca en est le parfait exemple, toujours à s'excuser pour un rien) au taré de service (qui a dit Barbatos ?) en passant par les citations pompeuses (Kratos n'est pas mal dans le genre, de même que Dhaos) et déjantées (Arche et son "Waah ! Baka !" illustre très bien ce fait), tout le monde y trouvera son compte.
Je concluerai sur un dernier petit détail : les temps de chargements. Ceux-ci ont lieu systématiquement avant chaque combat, sont plutôt longs et finissent sérieusement par agacer lorsqu'on sait qu'il n'y en a que pour 3 minutes de jeu maximum.
Conclusion :
Peut faire mieux. C'est vraiment ce que l'on est en droit de se dire après avoir essayé ce Tales of VS. Le jeu comporte quelques bons éléments, comme l'humour très présent au travers des saynètes ou le côté sonore par exemple. Mais il faut malgré tout reconnaître que le soft pêche sur de nombreux aspects, notamment à cause d'un manque d'approfondissement de certaines idées et d'une répétitivité des plus assommantes, sans oublier une IA catastrophique. Et même si les combats offrent quelque plaisir lorsqu'ils sont bien orchestrés, il faut tout de même reconnaître que la jouabilité reste perfectible, car on est loin, très loin de ce qu'on a pu apercevoir en terme de vivacité et technicité dans les opus 2D de la saga.
Gageons que les développeurs sauront tirer parti de leurs erreurs afin de nous proposer une suite digne de ce nom, c'est du moins tout le mal que je leur souhaite.
+ 35 personnages jouables
+ L'Yggdrasill Battle et ses nombreux skits
+ L'ambiance sonore
+ Les petites références et autres allusions dispersées ça et là
+ Un contenu téléchargeable gratuit
- Un mécanisme de jeu répétitif qui allonge inutilement la durée de vie
- Une IA déplorable
- Une jouabilité un peu trop restreinte
- Pourquoi 3 minutes maximum par combat ?
- Manque de difficulté et de challenge
- Des arènes au design peu inspiré
- Tales of Wall Breaker sans intérêt ?
- Des temps de chargements plutôt longs
- Un contenu téléchargeable "payant"
Note Indicative : 11/20